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Décolonisation, émergence et éclatement du Tiers-Monde

La décolonisation fait naître des nations nouvelles, qui doivent affirmer leur identité. Ces nouveaux États, qui bousculent la bipolarité entre l'URSS et les États-Unis, s'appellent désormais le Tiers-Monde, et font face aux défis du développement.

I. Le début de l'indépendance

A. L'explosion des mouvements nationalistes

Après la Seconde Guerre mondiale, les grandes puissances sont fragilisées et ne peuvent plus affirmer leur supériorité dans leurs colonies.

  • Leur combat contre le nazisme au nom des Droits de l'Homme fait naître des revendications de la part des peuples colonisés.
  • Les premières revendications d'indépendances apparaissent, avec le Parti du Congrès de Gandhi en Inde, Ferhat Abbas en Algérie et le parti de l'Istiqlal ("indépendance") au Maroc.
  • Les Deux Grands sont anticolonialistes, ce qui va dans le sens de ces mouvements de protestation
    • les États-Unis affirment en 1942 que tout domaine colonial doit recevoir le statut d'indépendance nationale ; statut qu'ils accordent aux Philippines en 1946.
    • Staline, de son côté, prône l'indépendance afin de rallier à lui les peuples colonisés.

Face à la pression, les puissances coloniales multiplient les promesses

  • Seul le Royaume-Uni s'engage vraiment sur la voie de la décolonisation.
  • Le Général de Gaulle s'agrippe aux colonies et n'hésite pas à réprimer les soulèvements dans le sang, comme à Sétif en Algérie, le 8 mai 1945.

Pendnt ce temps là, en Palestine, les Juifs et les Arabes s'opposent violemment. Le 29 novembre 1947, l'ONU recommande la division de la Palestine en deux États, l'un juif, l'autre arabe. C'est la naissance de l’État d'Israël.

B. La décolonisation en Asie

  • Le Parti du Congrès, en Inde, a vu le jour dès 1885. Mais sa volonté d'indépendance doit faire face au problème de l'unité indienne, ou plutôt de la non-unité. L'Inde est en effet une multitude de peuples et de religions, d'où émergent principalement un groupe hindou et un groupe musulman.
    Si indépendance il y'a, le Parti du Congrès veut conserver l'unité indienne, tandis que la Ligue musulmane d'Ali Jinnah demande la création de deux États. Des troubles éclatent et les Britanniques décident de quitter l'Inde en 1947 sans résoudre les problèmes.
    Lord Mountbatten doit gérer la situation et décide de créer deux États en 1947 : l'Inde et le Pakistan (musulman). Les transferts de populations sont violents et Gandhi est assassiné.
  • Les Pays-Bas ne se résignent pas à l'abandon de l'Indonésie, malgré le fait que le pays ait proclamé lui-même son indépendance. Mais face à la pression de l'ONU, ils cèdent. Contrairement aux attentes, la perte de cette riche colonie n’entraîne pas le déclin des Pays-Bas mais relance au contraire sa croissance.
  • En Indochine, Hô Chi Minh proclame l'indépendance du pays. La France joue double jeu, en prétendant appuyer cette indépendance tout en faisant régner la peur parmi la population. Les combats sanglants entre l'Indochine et les représentants français du pays vont durer huit ans.
  • Finalement, la France capitule à Diên Biên Phu en 1954. Les accords de Genève signent l'indépendance du Laos, du Cambodge et du Vietnam.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1947 : création de deux États indépendants, l'Union indienne et le Pakistan.
  • 1946-1954 : guerre d'Indochine.

II. L'émancipation africaine

A. En Afrique du Nord

  • En Tunisie, la France veut affirmer les liens définitifs qui l'unissent au pays et Habib Bourguiba, le chef du mouvement nationaliste, est arrêté. Mais la défaite de Diên Biên Fu, en indochine, force la France à revoir ses plans. Bourguiba est libéré et l'indépendance de la Tunisie est proclamée en 1956.
  • Au Maroc, le même schéma a lieu, avec une politique de la violence qui ne mène à rien. L'indépendance est proclamée en 1956 et Ben Youssef, sultan prônant l'indépendance, devient le souverain Mohammed V.
  • Le cas de l'Algérie est plus compliqué : la part importante des Français vivant en Algérie (les "pieds-noirs") et le fait que l'Algérie possède trois départements français font que la France considère l'Algérie comme une partie intégrante du pays.
    Le Front de Libération National (FLN), en Algérie, lance une série d'attentats et la rébellion s'étend peu à peu à toute l'Algérie. La France répond systématiquement par la guerre, avec des interventions militaires et le recours à la torture. Mais la situation ne s'arrange pas.
    De retour au pouvoir, le Général de Gaulle tente de se débarrasser du "boulet algérien" et entame le processus d'indépendance, au grand dam des pieds-noirs et des soldats qui voient ce revirement comme une trahison. L’Organisation armée secrète (OAS) réunit ces partisans de l'Algérie française et lance des attentats meurtriers.
    Malgré cela, les accords d'Évian marquant l'indépendance de l'Algérie en 1962. Des milliers de rapatriés rentrent en France, déchirés de devoir quitter ce qui était leur pays, et l’État français garde un sentiment de culpabilité d'abandonner les harkis, les militaires algériens qui avaient pris parti pour la France et qui en subissent les représailles.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1956 : indépendance du maroc et de la Tunisie
  • 1954-1962 : guerre d'Algérie.

B. En Afrique noire

Dans cette partie de l'Afrique, la décolonisation se passe plus calmement, par consentement mutuel.

  • Les pays sous domination anglaise comme le Ghana, le Nigeria, la Tanzanie, l'Ouganda et le Kenya sont déclarés indépendants et tous adhèrent au Commonwealth.
  • Pour les pays sous domination française, la loi Defferre votée en 1956 permet une évolution vers l'autonomie. Tous les territoires (sauf la Guinée) acceptent de rentrer dans la communauté proposée par le Général de Gaulle en 1958. Ils accèdent à l'indépendance totale en 1960, tout en maintenant avec la France des liens de coopérations.
  • Les derniers pays à accéder à l'indépendance seront la colonie britannique de la Rhodésie du Sud, rebaptisée Zimbabwe en 1980, et la Namibie, ex-colonie allemande, en 1990.

III. Naissance et éclatement du Tiers-Monde

A. L'apparition du Tiers-Monde

L'expression "Tiers-Monde" vient du démographe d'Alfred Sauvy. Pour la première fois, cet ensemble fait entendre sa voix lors de la conférence de Bandung, en avril 1955. Cette conférence réunit tous les pays du Tiers-Monde et se fait sans la participation des États-Unis ou de l'URSS. Si ces nouveaux pays s'avèrent très différents au niveau politique, ils s'accordent pour refuser toute ingérence de la part d'un pays extérieur.

Un épisode marque la nouvelle puissance de cet ensemble : Nasser, le président de l’Égypte décide de nationaliser le Canal de Suez, haut lieu de passage et de commerce, en juillet 1956 et prive ainsi les puissances occidentales d'un atout.

  • Ces pays accèdent à l'ONU, où ils représentent une part majoritaire à l'Assemblée générale de l'organisation.
  • Dans le même temps naît à Belgrade, en 1961, le mouvement des non-alignés : les 25 États qui le composent refusent de s'allier avec une grande puissance et veulent s'affirmer comme des acteurs à part entière sur la scène internationale.
  • En 1964, 77 pays en développement obtiennent l'organisation de la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement), avec pour volonté d'engager le dialogue Nord-Sud et de développer une aide des plus riches aux plus pauvres. Dans la même optique, les non-alignés réclament un "nouvel ordre économique international" (NOEI) au sommet d'Alger de 1973.

Pour renforcer leur poids dans le monde, les pays du Tiers-Monde s'organisent et créent :

  • l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) en 1960,
  • l'OUA (Organisation de l'unité africaine) en 1963,
  • l'ASEAN (Association des Nations de l'Asie du Sud-Est) en 1967.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1956 : nationalisation du Canal de Suez, en Egypte par Nasser.
  • 1960 : création de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).
  • 1961 : sommet des non-alignés à Belgrade.
  • 1973 : sommet d'Alger avec déclarations sur un Nouvel ordre économique international (NOEI).

B. Un manque d'unité

Si le Tiers-Monde veut se constituer comme un ensemble uni, il arrive mal à cacher les affrontements politiques ou etniques qui le déchirent :

  • le génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda en 1994
  • les guerres ethniques en Sierra Leone et au Liberia
  • la révolte des Tibétains contre Pékin
  • les persécutions religieuses au Liban
  • la guerre entre l'Irak et l'Iran de 1980 à 1988

Ces conflits, ajoutés à la fin des deux blocs, font exploser le mouvement d'unité qui s'était amorcé.

C. Le Sud éclaté

Le Sud n'arrive pas à créer une entité solidaire et accuse toujours le colonialisme d'avoir entravé son développement. De plus, les pays les moins avancés accusent le Nord de néo-colonialisme, avec un endettement de plus en plus lourd et la dégradation des termes de l'échange.

  • Les pays de l'OPEP veulent d'avantage de visibilité, de reconaissance et de respect sur la scène internationale. En 1973, ils décident de relever le prix du baril de pétrole (qui passe très rapidement de 3 dollars à 11,65 dollars) pour marquer leur pouvoir de nuisance.
  • Les divergences entre les pays du Tiers-Monde entraînent son éclatement : les pays exportateurs de pétrole et de matières premières bénéficient des délocalisations et deviennent les nouveaux pays industrialisés (comme les pays d'Asie).
  • En face, les pays pauvres s'enfoncent dans la spirale du sous-développement, notamment en Afrique subsaharienne. Bien que l'Afrique noire représente 12 % de la population mondiale, elle ne produit que 2 % du PIB du monde.

Dates & chiffres à retenir :

  • L'afrique subsaharienne n'arrive pas à rebondir : bien qu'elle représente 12 % de la population mondiale, elle ne produit que 2 % du PIB du monde.
  • 1973 : L'OPEP marque son importance en relevant de manière commune le prix du baril de pétrole.
  • D'autres pays s'en sortent en s'industrialisant et en profitant des délocalisations.

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Publié en : 2012

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I. Le début de l'indépendance La Seconde Guerre mondiale bouleverse le rapport de force entre les puissances coloniales et les pays occupés. Elle fait naître des mouvements nationalistes, renforcés par le soutien des deux blocs, les États-Unis et l'

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