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L’Europe de 1945 à nos jours : le temps des démocraties populaires de 1945 à 1989

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Europe centrale bascule sous la domination de l'URSS. Des démocraties populaires dévouées à Moscou voient alors le jour au sein de cet espace hétéroclite.

I. La naissance des démocraties populaires

A. L’Europe de l'Est sous domination communiste

En 1945, lors de la capitulation de l'Allemagne, l'armée soviétique contrôle la majeure partie des territoires d'Europe centrale. L'URSS va tenter de contrôller politiquement ces pays :

  • Placement de communistes aux postes clés du pouvoir : ministère la Défense, puis la justice et l'économie.
  • Une fois leur pouvoir bien installé, les communistes éliminent systématiquement tous les autres partis politiques, en retournant l'opinion contre eux et en divisant pour mieux régner. On parle de la technique "du Salami", car tous les ennemis ont été éliminés "tranche par tranche", jusqu'à la suprématie complète du parti communiste.
  • En Tchécoslovaquie, on parle de "Coup de Prague" pour définir la prise de pouvoir communiste.

Cette technique est tellement efficace que, de 1946 à 1949, la Bulgarie, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie et l'Albanie tombent sous le joug communiste et deviennent des démocraties populaires.

Il ne faut pas se fier au nom : derrière le terme "démocratie populaire", c'est bien de dictature communiste que l'on parle, avec un pouvoir total de l’État sur l'économie et la toute-puissance du Parti communiste.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1948 : Coup de Prague, en Tchécoslovaquie.

B. La satellisation des démocraties populaires

Après cette conquête de l'Europe centrale, l'URSS s'applique à rendre ces pays dépendants politiquement et économiquement pour assurer sa domination : on parle de satellisation.

Des réformes imposées répandent le modèle soviétique dans la région :

  • L'agriculture est collectivisée à partir de 1949.
  • Les entreprises industrielles, les banques et les assurances sont nationalisées, c'est-à-dire qu'elles appartiennent à l’État.
  • L’État planifie le développement économique en donnant la primeur à l'industrie lourde.
  • Le Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM ou Comecon), créé en 1949, organise les activités des pays en fonction des orientations décrétées par Moscou.

Le 14 mai 1955, le Pacte de Varsovie (alliance militaire) est conclu entre l'URSS, l'Albanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la RDA, la Roumanie et la Tchécoslovaquie. Cette main-mise se transforme rapidement en régime totalitaire :

  • Les bureaux d'information, les Kominform, éliminent toute personne susceptible d'être ennemie du régime. Deux millions et demi de personnes sont victimes de cette épuration.
  • La torture est monnaie courante, et les prisonniers sont contraints d'avouer, malgré leur innocence.
  • L’Église catholique, refuge des opposants à ces régimes totalitaires, voit ses leaders arrêtés.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1949 : création du Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM ou Comecon).
  • 14 mai 1955 : adoption du Pacte de Varsovie, qui engage tous les pays dans une lutte armée en cas d’agression militaire envers l'un d'entre eux.

C. La rupture yougoslave

Contrairement aux autres démocraties populaires, la Yougoslavie s'est libérée seule, sans l'aide des troupes soviétiques. Elle est donc plus libre vis-à-vis de l'URSS.

  • Le Maréchal Tito, élu en 1945, refuse de se soumettre à Moscou.
  • L'URSS invite alors le peuple yougoslave à détrôner son leader
  • Cet appel se heurte à un refus car Tito jouit d'une grande popularité.
  • Humilié, Staline décide de rompre tout contact avec la Yougoslavie.
  • Tito se tourne alors vers l'Occident pour augmenter ses échanges commerciaux.

Il s'instaure en Yougoslavie un compromis entre les valeurs communistes et occidentales, avec un modèle original vacillant entre la planification centralisée et l'autogestion des entreprises.

II. L'affaiblissement de l'URSS

A. Le temps du dégel

La mort de Staline en 1953 et les signes de détente de son successeur Khrouchtchev laissent espérer plus de liberté aux populations et un réel changement :

  • Les 16 et 17 juin 1953, une révolte éclate à Berlin-Est, étouffée par l'armée soviétique.
  • En Pologne, Ladislas Gomulka, antistalinien notoire, prend la tête du Parti et obtient une marge d'autonomie pour son pays en 1956.
  • Du 26 mai au 3 juin 1955, Khrouchtchev séjourne en Yougoslavie et réhabilite Tito.

Mais cet espoir est réduit à néant par la révolution hongroise :

  • A Budapest, une révolte armée s'élève contre le gouvernement hongrois proche de Moscou.
  • Imre Nagy prend le pouvoir et réclame la neutralité de la Hongrie.
  • L'armée soviétique écrase dans le sang ce soulèvement et Nagy est condamné à mort.

La construction du mur de Berlin, du 12 au 13 août 1961, ruine les derniers espoirs.

Malgré cela, la situation continue d'évoluer et d'affaiblir la toute-puissance de l'URSS :

  • La Roumanie ose s'opposer à Khrouchtchev en 1961, qui souhaite instaurer un type de production par pays.
  • L'URSS refuse et la Roumanie noue des liens avec des nations hostiles à l'URSS.
  • La Pologne arrête la collectivisation, soutenue par l'Église catholique et le nouveau pape, Jean-Paul II.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1955 : Khrouchtchev réhabilite Tito (Yougoslavie).
  • 1961 : Construction du mur de Berlin.
  • 1961 : La roumanie montre son désaccord face à un système productiviste manquant de souplesse

B. Le Printemps de Prague

À Prague (Tchécoslovaquie), un mouvement de contestation voit le jour au sein de la population étudiante et intellectuelle, et s'étend aux ouvriers :

  • Le 5 janvier 1968, le premier secrétaire du Parti communiste démissionne au profit du libéral Dubcek.
  • La doctrine du Parti évolue et accepte désormais l'existence d'autres partis, la liberté de la presse et les voyages à l'étranger. Elle prévoit également l'indemnisation des victimes du régime stalinien.

Craignant la contagion, l'URSS, la Pologne et l'Allemagne de l'Est envoient des troupes envahir la Tchécoslovaquie et arrêter Dubcek. Mais devant la résistance, l'URSS doit finalement accepter le maintien de l'équipe libérale au pouvoir. Cet épisode marque un pas décisif dans la marche vers la liberté des pays d'Europe centrale.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1968 : Printemps de Prague.

C. La victoire de Solidarnosc

En Pologne, les grèves éclatent en 1970 aux chantiers navals de Gdansk pour dénoncer la hausse des prix.

  • Le mouvement s'organise, jusqu'à la création de la Fédération Solidarité, le Solidarnosc, par un ouvrier, Lech Walesa. Cette fédération est un syndicat indépendant du Parti communiste polonais.
  • En 1980, de nouvelles grèves à Gdansk entraînent l'établissement d'accords sociaux autrefois inenvisageables dans un pays communiste.
  • Catastrophe : le 13 décembre 1981, le gouvernement proclame l'état de guerre et fait arrêter les dirigeants du Solidarnosc.
  • Cette reprise en main n'arrête pas le mouvement et les voyages de Jean-Paul II dans son pays ne font qu'exacerber l'agitation.
  • L'opposition triomphe aux élections de 1989 et un membre du Solidarnosc, Tadeusz Mazowiecki, prend le pouvoir.

C'est la première fois depuis 1948 qu'un pays d'Europe centrale est gouverné par un non-communiste.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1970 : grèves massives aux chantiers navals de Gdansk, en Pologne, pour protester contre la montée des prix. Le Solidarnosc est crée et est vivement soutenu par la population.
  • 1980 : deuxième vague de grèves massives aux chantiers navals de Gdansk, en Pologne.
  • 1989 : victoire du Solidarnosc aux élections.

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Publié en : 2012

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I. La naissance des démocraties populaires À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la majorité de l'Europe centrale est sous la domination militaire de l'armée soviétique. Petit à petit, grâce à la technique "du Salami", les communistes éliminent

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