Terminale L > Géographie > Les 3 grandes aires de puissance : la façade atlantique de l'Amérique du Nord

Les trois grandes aires de puissance : la façade atlantique de l'Amérique du Nord.

Longue de plus de 6 500 km, la façade atlantique de l'Amérique du Nord s'étend du Canada jusqu'au Mexique. Organisée autour de la mégalopole du nord-est des États-Unis, elle forme l'interface la plus puissante du monde et un espace moteur de la mondialisation.

I. Une façade pour trois États

A. Une interface maritime commune

Le Canada et les États-Unis constituent l'Amérique du Nord anglo-saxonne, tandis que le Mexique appartient à l'Amérique latine. Mais l'association de ces trois pays dans l'Alena (Association de libre-échange nord-américain) depuis 1994 renforce l'unité de la façade.

Celle-ci réunit des pôles majeurs de la mondialisation :

  • les trois villes globales de la Mégalopolis des États-Unis : Boston, New York et Washington
  • la Main Street ("Grande rue") reliant Toronto, Montréal et Québec, au Canada.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1994 : instauration de l'association de libre-échange nord-américain (Alena) entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

B. Un vaste hinterland et des ports puissants

L'arrière-pays, ou hinterland dispose d’immenses ressources, carburant de la mégapolis :

  • ressources agricoles
  • ressources minières
  • industrielles et de services
  • énergétiques (pétrole, solaire, éolien, etc...)
  • maritimes, avec d'immenses zones de pêche
  • touristiques.

La façade s'organise autour de ports puissants, dont la plupart sont aux États-Unis :

  • les ports de New York, du Vieux Sud, de la Floride et du Golfe du Mexique, aux États-Unis
  • les ports maritimes de Saint John's et Halifax, les ports fluviaux de Montréal et Québec, au Canada
  • Veracruz, au Mexique.

C. Une façade concurrencée

Dans les années 1980, le dynamisme de la façade a été affecté par la crise industrielle du Nord-est américain et par la concurrence de la façade pacifique, principale interface avec l'Asie.

Depuis les années 1990, la façade se réorganise, accueille des technopoles et reconvertit ses zones en friche. Elle reste aujourd'hui l'interface dominante entre l'Alena et l'Europe, le bassin méditerranéen, l'Afrique et l'Amérique latine.

Les façades atlantique et pacifique sont devenues complémentaires : des systèmes de ponts terrestres (grands axes de transports ferroviaires) ont été mis en place pour relier les deux façades, distantes de plus de 4 000 km.

Dates & chiffres à retenir :

  • La façade atlantique s'étend sur plus de 20 millions de km² et compte 442 millions d'habitants.
  • Elle produit environ 31 % du PIB planétaire, soit 16 100 milliards de dollars.

II. Une façade reliée à l'hinterland

A. Un hinterland puissant

Les trois États de la façade comptent 442 millions d'habitants et réalisent un PIB de 16 100 milliards de dollars, supérieur à celui de l'Union européenne.

Les métropoles sont puissantes et bien reliées entre elles. La façade s'organise autour de deux villes globales, Chicago et Toronto, mais compte également des villes mondiales, comme Atlanta, Houston, Mexico, Montréal, Ottawa, etc...

L'industrie et l'agriculture sont les deux atouts de l'hinterland. Mexico est le premier pôle industriel du Mexique, tandis que les grandes plaines américaines permettent la culture de céréales.

B. Des espaces transfrontaliers actifs

Trois États, c'est aussi deux frontières à prendre en compte. Ces frontières sont très actives :

  • Le Canada et le Mexique réalisent plus de 80% de leur commerce extérieur avec les États-Unis
  • Les relations transfrontalières se font grâce au système de villes jumelles, comme Détroit et Windsor au Canada ou Laredo et Nuevo Laredo au Mexique.
  • L'Alena a renforcé le dynamisme de ces frontières.

Toutefois, la frontière canadienne reste beaucoup plus active que celle du Mexique. Pour ce dernier, les échanges sont inégaux :

  • Les capitaux et les technologies viennent du nord, tandis que les Mexicains cherchent à travailler aux États-Unis.
  • Pour tirer profit de cette main-d’oeuvre bon marché, les États-Unis ont créé dès les années 1970 les maquiladoras, des industries de sous-traitance délocalisées sur le territoire mexicain.
  • S'ils ont permis le développement du nord du Mexique, les maquiladoras n'ont pourtant pas freiné le flux d'immigrants mexicains vers le nord.

C. Le dynamisme de la Sun Belt

La Sun Belt, qui s'étend de la Virginie au Texas, est la zone la plus dynamique des États-Unis, notamment dans les domaines de :

  • l'industrie automobile
  • l'industrie d'armement
  • la recherche et les hautes technologies (comme l'aérospatiale)
  • le tourisme, avec l'attrait de la Floride.

Aujourd'hui, sa métropolisation est très active, avec la constitution de la mégalopole Metrolina. Mais la réussite économique de cette région ne doit pas faire oublier que d'autres zones sont toujours pauvres, notamment en Alabama ou au Mississippi.

III. La Mégalopolis au coeur de la façade

La Mégalopolis, cet espace d'urbanisation qui relie New York, Boston et Washington et s'étend sur plus de 600 km de long, est le centre dominant de la façade atlantique.

A. Un couloir puissant

La puissance de la Mégalopolis vient de plusieurs facteurs :

  • Elle regroupe 20 % de la population américaine sur 2 % du territoire.
  • Elle produit 23 % du PIB des États-Unis, soit 3 000 milliards de dollars.
  • C'est l'interface privilégiée entre l'Amérique et l'Europe.

B. Deux villes globales

La Mégalopolis contient deux atouts majeurs : New York et Washington.

  • New York est la capitale économique, financière et culturelle du pays. Elle abrite également le siège de l'ONU.
  • Washington est le centre politique et institutionnel. On y trouve la Maison Blanche, résidence du président, le Capitole, où le Congrès vote les lois, et le Pentagone, quartier général de l'armée américaine. Washington accueille également les sièges de la Banque mondiale et du FMI.

La puissance économique et politique de ces deux villes occidentales font qu'elles aient été la cible, de par leur symbole, des attentats terroristes du 11 septembre 2001.

Dates & chiffres à retenir :

  • New York compte 24 millions d'habitants et se place en deuxième position des métropoles mondiales, derrière Tokyo.

C. Une puissance concurrencée

La Mégalopolis est concurencée par de multiples aspects

  • l'intérieur du territoire : avec le développement d'autres mégalopoles sur la côte pacifique, en Californie, au Texas et dans le Vieux Sud.
  • Mais le reste du monde est également une menace pour la toute-puissance de la Mégalopolis : les mégalopoles européennes et japonaises concentrent de plus en plus de fonctions.
  • L'Europe est le premier émetteur d'IDE (investissements directs à l'étranger) dans le monde.
  • Le PIB de la mégalopole japonaise a détrôné celui de New York.

IV. Les façades canadienne et mexicaine

A. Le Canada et les ressources de l'arrière-pays

Les atouts du Canada sont nombreux :
  • abondance de bois et d'eau
  • ressources minières importantes : cuivre, fer, nickel, or, argent
  • ressources agricoles
  • ressources maritimes.
  • La puissance canadienne se concentre autour de la Main Street

    • Cette région possède 65 % de la population
    • elle produit les deux tiers du PIB du pays.
    • Toronto, avec ses 5 millions d'habitants, est la seule ville globale du Canada.

    La voie maritime du Saint Laurent, navigable sur 1 600 km, relie le pays aux grandes régions industrielles et agricoles des États-Unis.

    B. Le Mexique dynamisé par la mer

    Jusqu'aux années 1960, le Mexique a tiré peu d'avantages de sa façade maritime. La politique d'aménagement, appelée "marche vers la mer", a permis à cette région de se développer.

    • L'espace s'est spécialisé dans la production de café, d'agrumes, de cannes à sucre et de légumes.
    • Le pétrole et la pétrochimie ont également dynamisé cette zone.

    Les villes côtières comme Veracruz ou Tampico sont des villes moyennes, mais leur atout réside dans leur bonne connexion avec Mexico, la capitale. Elles sont également en première ligne pour bénéficier des échanges avec les États-Unis.

    Le tourisme est depuis quelques années le facteur majeur de développement du Mexique, notamment dans le Yucatán.

    • Soleil, chaleur, longues plages et patrimoine archéologique attirent les touristes du monde entier.
    • Le plus grand complexe hôtelier est celui de Cancún
    • l'aéroport de Mérida est devenu la plaque tournante du tourisme.

    Haut de la page

    Dans la même matière

    Haut de la page

    Soutien personalisé

    Identification

    M'enregistrer

    Infos cours

    Cours écrit en France

    Publié en : 2012

    Niveau :

    Niveau facile

    Voir la fiche de révision

    I. Une façade pour trois États La façade atlantique est l'interface la plus puissante du monde, grâce au dynamisme de ses grandes métropoles et de ses aires portuaires. Elle relie trois États (États-Unis, Mexique et Canada) au reste du continent no

    Partager

    Autres classes

    Nos partenaires : Comprendrechoisir