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Les trois grandes aires de puissance : l'Asie orientale, une aire de puissance en expansion

L'Asie orientale connaît une réussite économique fulgurante depuis une trentaine d'années qui lui permet de se placer au même niveau que les États-Unis et l'Europe.

I. Une puissance démographique

Le poids démographique de l'Asie orientale est un facteur de puissance.

A. Définir l'Asie orientale

Difficile de définir avec précision les limites de l'Asie orientale : c'est un ensemble géographique hétérogène, qui englobe une partie du continent eurasiatique ainsi que certaines îles et certains archipels du Pacifique. On parle de "façade pacifique" de l'Asie.

  • Elle regroupe 18 pays, dont la Chine littorale, la péninsule coréenne, le Japon et Taïwan.
  • La Chine se place au coeur de cet ensemble régional :
  • Elle représente 94 % de l'espace régional.
  • Elle a une puissante diaspora : sa communauté ethnique est présente dans de nombreux pays et conserve une forte identité culturelle.

Dates & chiffres à retenir :

L'Asie orientale regroupe 18 pays, et la Chine représente 94 % du territoire de la région.

B. Une démographie dynamique

  • L'Asie orientale abrite un quart de l'humanité, ce qui en fait l'ensemble le plus peuplé de la planète avec l'Asie du Sud.
  • La population chinoise représente 85 % de la population régionale.
  • Ce peuplement dense vient de la tradition hydraulique et rizicole du pays, qui nécessitait une abondante main-d’œuvre.

Mais aujourd'hui, ces pays sortent de la transition géographique : la Chine opère une politique antinataliste et son indice de fécondité est inférieur à celui des États-Unis.

Dates & chiffres à retenir :

  • L'Asie orientale regroupe un quart de la population mondiale.
  • La population chinoise représente 85 % de la population de la région.

C. La puissance des grandes métropoles

L'Asie orientale est restée longtemps rurale et l'urbanisation est un phénomène relativement récent :

  • Singapour et Hong Kong ont un taux d'urbanisation de 100 %.
  • La Chine est en revanche sous-urbanisée, avec un taux de 42 % mais qui ne cesse d'augmenter depuis 25 ans.
  • Selon les prévisions, la population urbaine y sera majoritaire d'ici 2025.

Les grandes métropoles sont donc en plein essor :

  • L'Asie orientale compte 47 agglomérations de plus de 2 millions d'habitants.
  • Deux des trois métropoles les plus peuplées de la planète se trouvent en Asie orientale (Tokyo avec 33,5 millions d'habitants et Séoul, 23 millions d'habitants).

Dates & chiffres à retenir :

  • Singapour et Hong Kong ont un taux d'urbanisation de 100 %.
  • L'Asie orientale compte 47 agglomérations de plus de 2 millions d'habitants.
  • Deux des trois métropoles les plus peuplées de la planète se trouvent en Asie orientale : Tokyo avec 33,5 millions d'habitants et Séoul avec 23 millions d'habitants.

II. Un ensemble régional hétérogène

A. Des régimes politiques différents

On trouve dans cet ensemble différents régimes politiques : des régimes parlementaires inspirés des démocraties occidentales et des régimes socialistes

  • Tous les pays souffrent de l'héritage de régimes autoritaires
  • leur démocratie est très fragile, sauf au Japon où la souveraineté populaire est inscrite dans la Constitution depuis 1946.
  • On parle de "despotisme oriental" pour définir les démocraties incomplètes de la région.
  • Le pluripartisme peine à s'imposer à Taïwan et en Corée du Sud.
  • Les dirigeants d'Hong Kong sont imposés par les autorités communistes de Pékin.
  • Singapour est une démocratie autoritaire.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1946 : les États-Unis imposent au Japon d'inscrire la souveraineté nationale dans la Constitution.

B. Des tensions géopolitiques

L'Asie orientale a connu des bouleversements à portée internationale qui ont beaucoup marqué la région :

  • L'impérialisme japonais a plongé la région dans la Seconde Guerre mondiale.
  • Le communisme chinois a engagé la région dans la Guerre froide.
  • Durant cette même période, la frontière entre les deux Corées a été le théâtre de violents affrontements et les tensions sont toujours palpables.
  • La colonisation japonaise a suscité une violente haine avec la Chine, qui n'est toujours pas éteinte.
  • La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces et ne cesse d'intimider l'île.

C. Pas de coopérations politiques et militaires

On le constate donc, les entités de la région ont très peu de valeurs communes et une unité semble peu envisageable. La coopération n'est pas à l'ordre du jour :

  • L'Asean (Association des Nations d'Asie du Sud-est) et l'Apec (Forum de coopération des pays bordiers du Pacifique) ont une vocation uniquement économique.
  • La Chine est perçue comme la grande puissance régionale et inquiète ses voisins.
  • Le Japon se voit refuser un siège au Conseil de sécurité de l'ONU à cause de la Chine.
  • Pour éviter que des conflits n'éclatent, les États-Unis imposent une présence militaire dans la région déjà hyper-militarisée.

III. Un moteur de la mondialisation

A. Un pôle de la Triade

Avec un PNB global de près de 9 000 milliards de dollars, l'Asie orientale représente près d'un cinquième de la richesse mondiale.

  • La croissance de l'économie chinoise a explosé depuis son entrée dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001.
  • La Chine se place aujourd'hui au quatrième rang des puissances économiques mondiales, derrière les États-Unis, le Japon et l'Allemagne.
  • Pour accentuer ce dynamisme économique, la Chine propose la création d'un vaste espace de libre-échange entre l'Asie orientale et l'Asie du Sud-est, ce qui la placerait dans un rôle dominant dans la région.

Dates & chiffres à retenir :

  • Avec un PNB global de près de 9 000 milliards de dollars, l'Asie orientale représente près d'un cinquième de la richesse mondiale.
  • 2001 : entrée de la Chine dans l'OMC.

B. Le Japon, point de départ du développement

Le Japon s'impose comme le moteur du développement de la région :

  • Après les ravages de la Seconde Guerre mondiale, l'ère de la Haute Croissance a développé l'industrie et a permis une ouverture sur le marché mondial.
  • Le Japon est aujourd'hui la deuxième puissance économique mondiale avec un PIB de près de 5 000 milliards de dollars.
  • En plus de son puissant secteur industriel, le Japon investit aujourd'hui dans la recherche-développement (3,2 % de son PIB).

Dates & chiffres à retenir :

  • Le Japon est aujourd'hui la deuxième puissance économique mondiale avec un PIB de près de 5 000 milliards de dollars.
  • Le Japon est tourné vers l'avenir, investit aujourd'hui 3,2% de son PIB dans la recherche et le developpement.

C. Un espace multipolaire

En parallèle du Japon, les Dragons (Singapour, Hong Kong, Corée du Sud, Taïwan) se sont développés à une vitesse stupéfiante, passant en 40 ans d'une situation sous-développée à une économie florissante.

  • Ils ont fait décoller leur économie grâce à une main-d’oeuvre bon marché, se transformant alors en "Pays-ateliers"
  • La Chine s'est imposée comme l’"atelier du monde" depuis la fin des années 1990, et bénéficie des délocalisations des grandes firmes internationales et des investissements étrangers.
  • La gamme de production en Asie est très étendue, avec des zones spécialisées.
  • La région est aujourd'hui leader dans la sidérurgie, les biens de consommation et les hautes technologies.

IV. Une aire de puissance mondialisée

A. La façade maritime, une ouverture au monde

Les pays d'Asie orientale sont tournés vers la mer :

  • Les pays de l'Asie orientale représentent 46 % du trafic de conteneurs de la planète.
  • 19 des ports asiatiques dépassent 100 millions de tonnes de trafic annuel.
  • Les flottes nationales représentent 35 % de la flotte mondiale.

Ce dynamisme favorise le développement des littoraux, au mépris de l'intérieur : le contraste entre la richesse des côtes et la misère de l'arrière-pays est de plus en plus flagrant.

Dates & chiffres à retenir :

  • Les pays de l'Asie orientale représentent 46 % du trafic de conteneurs de la planète.
  • 19 des ports asiatiques dépassent 100 millions de tonnes de trafic annuel.
  • Les flottes nationales représentent 35 % de la flotte mondiale.

B. Quel modèle de développement ?

  • Le dynamisme économique de la Chine s'appuie sur une main-d’oeuvre abondante, peu cher et aux niveaux de qualification variés. Les zones économiques spéciales (ZES) offrent des dispositions fiscales favorables aux activités destinées à l'exportation.
  • À l'inverse, le Japon, la Corée du Sud et Singapour tirent profit de leur main-d’œuvre qualifiée, mais aussi des délocalisations des grandes entreprises dans les pays à la main-d’oeuvre moins chère.
  • La région organise son économie grâce à une division internationale du travail : chaque pays a sa spécialité et les économies sont complémentaires.

C. L'intégration économique de la région

  • Le commerce intrarégional est supérieur aux échanges avec le reste du monde.
  • Ces échanges concernent majoritairement les produits finis, notamment les technologies de l'information et de la communication, fabriqués dans les différents pays de la région.
  • La hiérarchie de la région est en perpétuelle redéfinition : la Chine accentue sa puissance, sans pour autant rattraper le Japon. Toujours en tête, ce dernier perd pourtant de la vitesse, concurrencé par l'essor des dragons.

V. Des économies mondialisées

A. La conquête du marché mondial

La réussite de la région repose sur le commerce extérieur, avec des produits phares :

  • le textile en Chine
  • les navires de Corée et de Taïwan
  • les automobiles et les consoles japonaises.

La Chine est la deuxième puissance exportatrice de produits manufacturés de la planète, avec 13 % des exportations mondiales.

Dates & chiffres à retenir :

La Chine est la deuxième puissance exportatrice de produits manufacturés de la planète, avec 13 % des exportations mondiales.

B. La mondialisation financière

L'Asie orientale attire les capitaux :

  • La Chine est la troisième destination d'IDE (Investissements directs à l'étranger), derrière les États-Unis et le Royaume-Uni.
  • L'Asie orientale reçoit 15 % des IDE mondiaux et se place en troisième place des émetteurs d'IDE mondiaux.

Ces flux de capitaux renforcent la puissance financière et banquière de la région :

  • Elle représente le tiers de la capitalisation boursière internationale.
  • La Bourse de Tokyo concentre 70 % des capitaux de la région.

Dates & chiffres à retenir :

  • L'Asie orientale reçoit 15 % des IDE mondiaux
  • Elle est le troisième émetteurs d'IDE mondiaux.

C. L'explosion des flux aériens

Le transport aérien connaît une explosion phénoménale :

  • L'aéroport de Tokyo-Haneda est le 4e aéroport mondial avec 65 millions de passagers.
  • Celui de Pékin est le 9e, avec 49 millions de passagers. Ils sont tous deux des plates-formes aériennes majeures.
  • Le trafic aérien augmente chaque année, forçant l'aménagement et la création d'aéroports.

La concurrence se développe entre les différents hubs de la région :

  • Les aéroports émergent partout et parfois à une distance très rapprochée.
  • Les compagnies aériennes se développent.
  • Les achats d'avions Boeing ou Airbus explosent pour faire face aux besoins.

VI. Les limites de la réussite

A. Les inégalités de développement

Certes, toute la région se développe, mais les États ne sont pas égaux devant ce développement :

  • Le Japon fait partie des 10 pays les plus développés de la planète, tandis que la Chine connaît un véritable retard.
  • Au sein même des États, les inégalités demeurent, comme le Japon de l'endroit plus développé que celui de l'envers, ou encore la façade maritime chinoise très dynamique, à l'inverse de son territoire intérieur.

Si la croissance est assez peu équitablement partagée, elle profite toutefois à toutes les populations, qui s'enrichissent de plus en plus.

B. Un modèle de croissance instable

Malgré les nombreuses réussites, le modèle de développement de l'Asie orientale reste fragile :

  • L'économie, principalement tournée vers le marché mondial, en est par conséquent dépendante.
  • La croissance est de plus en plus instable, avec des monnaies sous-évaluées, des investissements à risque, un protectionnisme mal assumé...
  • Le Japon doit s'adapter aux règles libérales de la mondialisation.
  • La question sociale est un défi primordial dans tous les pays : la précarité des travailleurs japonais engendre le taux de suicide le plus élevé des pays développés. En Chine, les inégalités de revenus s'accroissent.

C. Les enjeux de l’environnement

Le développement de l'Asie orientale s'est fait au détriment de l'environnement :

  • La région émet un quart des émissions de CO2 dans le monde, au point qu'un nuage brun stagne en permanence au-dessus de l'Asie orientale.
  • Les eaux sont gravement polluées et l'érosion des sols de la Chine engendre des tempêtes de sable.

Certains pays réagissent aux problèmes environnementaux :

  • Le Japon instaure des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
  • Singapour a installé un péage urbain pour réduire la circulation automobile en centre-ville.
  • La chine se lance doucement dans la "révolution verte" mais refuse d'adopter les normes environnementales, malgré une prise de conscience de l'opinion publique.

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Publié en : 2012

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