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La vie politique en France de 1945 à nos jours

Le 1er juin 1958, le général de Gaulle revient au pouvoir après l'agonie de la IVe République et instaure une nouvelle constitution qui renforce le pouvoir de l'exécutif. De 1958 à 1981, les gouvernements tentent d'adapter le pays au changement en préservant la Ve République. La victoire de François Mitterrand en 1981 marque une rupture politique.

I. La IVe République : espoirs et déceptions (1944-1958)

A. Restaurer la République après la Seconde Guerre mondiale

Le 9 septembre 1944, le gouvernement provisoire se met en place, sous la présidence du général de Gaulle. Ce gouvernement réunit trois partis, on parle de tripartisme :

  • la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière, le futur Parti Socialiste)
  • le Parti communiste
  • le MPR (Mouvement républicain populaire)

Ce gouvernement désire un renouveau de la vie politique, ce que marque le droit de vote des femmes, acquis le 22 avril 1944.

Le 21 octobre 1945, les électeurs élisent une Assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution, adoptée le 13 octobre 1946.

Le général de Gaulle, opposé à cette Constitution et au poids des partis, démissionne le 20 janvier 1946 et explique, dans le discours de Bayeux le 16 juin de la même année, qu'il faut un président de la République fort, garant de l'intérêt national.

A l'inverse, la nouvelle Constitution instaure un régime d'assemblée, dans lequel l'Assemblée domine l'exécutif :

  • Le Parlement est composé d'une Assemblée nationale de 619 députés élus pour 5 ans au suffrage universel direct et d'un Conseil de la République de 320 conseillers élus pour 6 ans par les notables.
  • Ce Parlement vote l'investiture du président du Conseil et peut le forcer à démissionner.
  • Le président de la République est élu pour 7 ans par les deux chambres, et son pouvoir est faible.

Le 16 janvier 1947, le socialiste Vincent Auriol est élu président de la République.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1944 : Les femmes obtiennent le droit de vote.
  • juin 1946 : le général de Gaulle explique, dans son discours de Bayeux, que la France a besoin d'un exécutif fort.
  • octobre 1946 : La Constitution de la IVe République est adoptée par référendum.

B. Les crises de 1947

En 1947, la Guerre froide commence et à des répercussions en France :

  • Les communistes dénoncent la guerre d'Indochine menée par la France.
  • Les députés communistes français refusent d'approuver la politique de rigueur économique du gouvernement.
  • Le président du Conseil Ramadier décide de révoquer les ministres communistes.
  • Le Parti communiste entre dans l'opposition, le tripartisme est brisé.

Le général de Gaulle fait son retour le 7 avril 1947 en créant le Rassemblement du peuple français (RPF), un parti adversaire de la IVe République qui recueille vite de nombreux soutiens.

La SFIO et le MRP doivent lutter contre les attaques des communistes et les gaullistes, et leur gouvernement de la "Troisième force" doit faire des compromis fragiles pour contenter tous les partis.

C. Une République fragile

Ces gouvernements fragiles mettent en place plusieurs mesures :

  • Ils utilisent les dollars du plan Marshall pour relancer l'économie.
  • Ils jettent les fondements d'une communauté européenne.
  • Ils lancent une politique de logement social.
  • L'emprunt Pinay bloque l'inflation pour un temps.
  • Pierre Mendès France signe les accords de Genève le 20 juillet 1954 et met fin à la guerre d'Indochine.

Le Front républicain fait son entrée dans la vie politique aux élections du 2 janvier 1956 et combat la fiscalité et l'"État dépensier", mené par Pierre Poujade. Les "poujadistes" entrent à l'Assemblée.

La IVe République doit gérer la décolonisation et son incertitude entraîne l'usage de la violence en Indochine, en Tunisie, au Maroc, et la "question algérienne" pose problème.

Face au risque de guerre civile, le général de Gaulle se déclare près à revenir au pouvoir :

  • Il est investi président du Conseil le 1er juin 1958.
  • Dans la situation instable, il obtient les pleins pouvoirs pour 6 mois et doit préparer une nouvelle Constitution, acceptée par 80% des Français lors du référendum du 28 septembre 1958.
  • Le 21 décembre 1958, il est désigné président de la nouvelle République.

C'est la fin de la IVe République, tant mal-aimée, malgré ses avancées dans le domaine social.

Dates & chiffres à retenir :

  • 28 septembre 1958 : Adoption par référendum de la Constitution de la Ve République.
  • 21 décembre 1958 : le général de Gaulle est élu président de la République.

II. La Ve République : l'affirmation du pouvoir présidentiel

A. La nouvelle Constitution

Comme expliqué dans son discours de Bayeux, le général de Gaulle instaure un exécutif fort :

  • Le pouvoir du Parlement est limité.
  • Le gouvernement a la possibilité d'imposer des lois sans discussion.
  • Le Parlement a le dernier mot en cas de désaccord avec l'Assemblée.
  • Une nouvelle instance est créée pour vérifier le bon fonctionnement des institutions : le Conseil constitutionnel.

Le régime devient semi-présidentiel :

  • Le Président est élu pour 7 ans et est rééligible.
  • Il commande les armées, peut dissoudre l'Assemblée, préside le Conseil des ministres, signe les traités...
  • Il peut mettre en place des référendums.
  • En cas de menace, il peut obtenir temporairement des pouvoirs exceptionnels.
  • En 1962, de Gaulle propose l'élection du président de la République au suffrage universel direct, qui est adopté par référendum : pour la première fois, le président a une légitimité populaire.

Dates & chiffres à retenir :

1962 : Le président est désormais élu au suffrage universel direct.

B. Les présidences de de Gaulle

Le général règle la question algérienne en laissant les Algériens "décider de leur destin" et le 18 mars 1962. Les accords d'Évian règlent l'indépendance de l'Algérie.

Pour faire oublier cette "défaite" française, de Gaulle veut rétablir le rang de la France dans le monde :

  • En 1960, la France se dote de l'arme nucléaire.
  • De Gaulle quitte l'OTAN en 1966, en opposition à la toute puissance des États-Unis.
  • Il refuse l'entrée du Royaume-Uni dans la Communauté économique européenne (CEE).
  • En 1960, un nouveau franc est mis en place pour renforcer l'économie nationale.

Dates & chiffres à retenir :

1962 : Les accords d'Évian proclament l'indépendance de l'Algérie.

C. L'érosion du pouvoir

Lors de l'élection présidentielle de 1965, de Gaulle n'est pas élu au premier tour, mais seulement au second, après un duel avec François Mitterrand qui dénonce "son pouvoir personnel". Le général est fragilisé par ce "ratage". Aux élections législatives de 1967, la majorité présidentielle l'emporte de justesse.

En Mai 68, les mouvements étudiants débouchent sur des heurts avec la police et les syndicats se mettent en grève par protestation.

Après ces mouvements d'une ampleur sans précèdent, de Gaulle veut tester sa popularité via un référendum sur les réformes du Sénat. Le 27 avril 1969, il obtient 53% de "non". Il démissionne alors de la présidence de la République, et meurt le 9 novembre 1970.

Dates & chiffres à retenir :

Mai 1968 : Période d'émeutes étudiantes et de grèves qui paralysent le pays.

III. La Ve République, entre continuité et changement

A. La présidence de Georges Pompidou

Georges Pompidou, l'ancien Premier ministre du général, est élu le 15 juin 1969 et affirme sa volonté de continuité avec la politique de de Gaulle. Pourtant, le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas entend construire une "nouvelle société" :

  • Il crée le SMIC (Salaire minimum interprofessionnel de croissance) pour renouer avec la croissance.
  • Il met en avant "l'impératif industriel" et encourage les entreprises à devenir des champions de la croissance.
  • De plus, Georges Pompidou est favorable à l'élargissement de l'Europe et à l'entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun.

Mais ces nouveautés créent des mécontentements parmi les gaullistes, qui estiment que ces décisions sont orientées à gauche, et parmi les victimes de l'industrialisation (agriculteurs, artisans, commerçants). Jacques Chaban-Delmas doit démissionner en juillet 1972.

En juin 1971 naît un nouveau Parti Socialiste dirigé par François Mitterrand, qui veut en faire un appareil de conquête de pouvoir.

B. La présidence de Valéry Giscard d'Estaing

Suite au décès de Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing l'emporte sur Mitterrand à l'élection présidentielle du 19 mai 1974. Le premier président non-gaulliste a une volonté de changement :

  • Il instaure la majorité à 18 ans.
  • Il libéralise la contraception.
  • Il instaure la loi sur le divorce par consentement mutuel.
  • La loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse est votée.
  • En 1979, un Parlement européen est élu au suffrage universel, marquant l'avancée démocratique de l'Europe.

L'année 1974 marque l'entrée de la France dans la crise :

  • Le choc pétrolier a des répercussions et le chômage explose.
  • La droite est déchirée entre les gaullistes de Jacques Chirac (avec le RPR, Rassemblement pour la République) et les giscardiens de l'UDF (Union pour la démocratie française).
  • Les "affaires" de montage financier salissent l'image de la République, avec l'affaire des diamants de Bokassa, offerts à Giscard d'Estaing par le président de la République centrafricaine.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1974 : Instauration de la majorité à 18 ans.
  • 1974 : crise petrolière
  • 1975 : loi veil autorisant l'avortement

IV. La Ve République : la rupture de 1981

A. La victoire de la gauche

Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République et permet à la gauche, écartée du pouvoir depuis 23 ans, de gouverner.

La victoire aux législatives permet de lancer un vaste programme de réformes :

  • Des nationalisations massives permettent à l’État de garder la main sur les secteurs clés de l'économie.
  • Le SMIC est relevé.
  • L'âge de la retraite est abaissé à 60 ans.
  • La durée du travail est ramené à 39h par semaine.
  • La cinquième semaine de congés payés est généralisée.
  • La peine de mort est abolie.
  • La décentralisation est mise en place par la loi Defferre en 1982.

B. La rigueur

Après l'état de grâce, revoici le temps des difficultés :

  • La politique économique est un échec.
  • Le deuxième choc pétrolier de 1979 n'arrange rien et accroit la dépression économique.
  • Le chômage et l'inflation augmentent, le franc est dévalué trois fois.
  • Le gouvernement appelle de ses voeux une politique de "rigueur et d'effort".

La popularité de Mitterrand plonge et la droite est victorieuse aux législatives de 1986. Le front national fait un fort score. C'est une lourde défaite pour la gauche.

C. La cohabitation et le deuxième septennat

Le président n'a plus la majorité à l'Assemblée et doit nommer un Premier ministre de droite : ce sera Jacques Chirac. Les entreprises nationalisées sont re-privatisées, des manifestations étudiantes éclatent et la situation économique ne s'arrange pas.

François Mitterrand est réélu en 1988 contre Jacques Chirac et incarne le président de la France unie. Mais ce nouveau septennat échoue à redresser l'économie, le chômage passe la barre des 3 millions de chômeurs en 1992. Le Revenu minimum d'insertion (RMI) est créé.

Une nouvelle fois, c'est la cohabitation en 1993 lorsque la gauche perd les législatives. Edouard Balladur est nommé Premier ministre.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1986 : Première cohabitation.
  • 1993 : Deuxième cohabitation.

V. La Ve République aujourd'hui

A. L'élection présidentielle de 1995 et la dissolution

En mai 1995, Jacques Chirac est élu président de la République, en promettant de faire reculer la "fracture sociale". Alain Juppé est nommé Premier ministre, mais son impopularité conduit à des grèves des transports massives en 1995, suite à son projet de réforme de la sécurité sociale.

Jacques Chirac décide de dissoudre l'Assemblée dans l'espoir de retrouver enfin une majorité solide, mais c'est au contraire la gauche qui remporte ces élections. Jacques Chirac nomme alors Lionel Jospin Premier ministre, qui instaure de grandes réformes :

  • Il met en place la CMU (Couverture maladie universelle) qui permet l'accès au soin même aux plus bas revenus.
  • Il crée les emplois-jeunes pour faire reculer le chômage.
  • Il réduit le temps de travail à 35 h.

B. Le séisme du 21 avril 2002

Lors du premier tour de l'élection présidentielle du 21 avril 2002, le Front national se qualifie pour le deuxième tour, évinçant la gauche représentée par Lionel Jospin. La moitié du pays s'est abstenue de voter, montrant par là le fossé entre les politiques et la population.

Jacques Chirac est réélu à une écrasante majorité et reconquiert une position prééminente, renforcée par son opposition à l'intervention américaine en Irak en 2003.

Dates & chiffres à retenir :

21 avril 2002 : Le Front national passe au deuxième tour de l'élection présidentielle et l'abstention atteint un taux record.

C. Le déclin de la France ?

Les Français restent convaincus que leur pays est sur le déclin.

  • La croissance est faible
  • le chômage est haut
  • l'endettement massif accentuent le malaise
  • la canicule de 2002 montrent la faiblesse du système de santé, ce qui était un point de fierté de la France
  • Le 29 mai 2005, la France oppose un "non" au référendum pour une Constitution européenne, freinant par là l'avancée de l'Union.

Les émeutes de banlieue et le manifestations contre le CPE (Contrat première embauche) fragilisent la droite et la gauche espère déjà gagner les élections de 2007. C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui bat Ségolène Royal, et le nouveau président de droite entend bien rompre avec le sentiment pessimiste français.

Dates & chiffres à retenir :

2005 : La France vote non au projet de Constitution européenne.

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Publié en : 2012

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