Terminale L > Histoire > La France de 1945 à nos jours : economie, société et pratiques culturelles

Économie, société et pratiques culturelles en France de 1945 à nos jours.

En l'espace d'une génération, le paysage culturel français a profondément changé, porté par la croissance des "Trente Glorieuses" et la crise qui a suivi. L' "exception culturelle" française, modèle dans les autres pays, est remise en question.

I. Le temps béni des "Trente Glorieuses"

A. La hausse de la croissance

Dès la fin de la Libération, la croissance repart à la hausse et la France entre dans la société de consommation, une société où la vie quotidienne est transformée par le progrès et l'abondance des biens de consommation :

  • Le chômage est inexistant.
  • Le taux de croissance du PIB atteint environ 5 % par an.
  • Le pouvoir d'achat triple entre 1946 et 1973.
  • La pratique du crédit se généralise.

La croissance est en plein boom. Par exemple, le nombre de téléviseur passe de 125 000 fin 1954 à 10 millions à la fin des années 60.

La confiance revient, et les Français font des bébés. C'est le baby-boom :

  • Il y a 844 000 naissances en 1946 (contre 612 000 en moyenne dans les années 30).
  • Le taux de fécondité dépasse 2,6 enfants par femme.
  • La population augmente de 13 millions entre 1946 et 1976.
  • Les moins de 20 ans représentent plus du tiers de la population.

Cette croissance démographique transforme la géographie française :

  • L'exode rural dépeuple les campagnes.
  • Les villes gagnent 13 millions d'habitants entre 1954 et 1975.
  • Le premier supermarché ouvre ses portes en 1963. C'est l'essor de la grande distribution.

Le pays à un besoin phénoménal de main d'oeuvre pour se reconstruire. Le gisement d'emplois et la croissance attire les étrangers, principalement des ouvriers peu qualifiés espagnols, portugais, marocains et algériens :

  • En 1946, ils sont 1,7 millions, soit 4,4 % de la population française.
  • En 1968, ils sont 2,6 millions, soit 5,3 %, une hausse de 900 000 personnes.

Dates & chiffres à retenir :

  • Le pouvoir d'achat triple entre 1946 et 1973.
  • Fin 1954, il y avait 125 000 téléviseurs, contre 10 millions à la fin des années 60.
  • La population augmente de 13 millions entre 1946 et 1976.
  • Les villes gagnent 13 millions d'habitants entre 1954 et 1975.

B. L’État providence

La Sécurité sociale est instaurée en 1945, symbole de l’État providence qui prend en charge la protection sociale de ses citoyens.

Les conventions collectives, qui règlent les conditions d'emploi entre les salariés et les employeurs, sont mises en place. Les lois Auroux, votées en 1982, renforcent les droits des travailleurs.

Dates & chiffres à retenir :

1945 : Instauration de la sécurité sociale.

C. Une société qui change

La société rurale connaît de profonds bouleversements :

  • Les paysans ne sont plus que 2 millions en 1975, contre 7 millions en 1946.
  • L’État et l'Europe subventionnent la mécanisation, la taille moyenne des exploitations double.
  • Ces bouleversements ne se font pas sans heurts et les paysans feront partie des grandes manifestations de 1960-1962.

La population industrielle, elle, connaît une forte croissance :

  • Ils sont plus de 8 millions en 1975.
  • Le fossé se creuse entre les ouvriers spécialisés (OS) sans qualification et les "nouvelles classes ouvrières", chefs d'ateliers, techniciens et contremaîtres.
  • La classe ouvrière reste longtemps en marge de la société : en 1976, seul 18,4 % d'entre eux ont le téléphone (contre 80,6 % des cadres supérieurs).

Les classes moyennes font leur apparition :

  • Ce sont les employés de bureau, les enseignants et les cadres supérieurs.
  • En 1970, les employés du tertiaire passent le seuil de 50 % contre 34 % en 1946.

Les femmes prennent une place importante :

  • Elles sont 1,3 millions employées en 1954, 3 millions en 1975.
  • L'émancipation des femmes s'accélèrent dans les années 1960 : en 1965, elles ont le droit d'ouvrir un compte en banque et de travailler sans l'autorisation de leur mari.
  • En 1967, la loi Neuwirth légalise la contraception.
  • En 1975, la loi Veil autorise l'avortement.

Pourtant, l'égalité des salaires n'est pas encore acquise.

Dates & chiffres à retenir :

  • Les paysans ne sont plus que 2 millions en 1975, contre 7 millions en 1946.
  • En 1970, les employés du tertiaire passent le seuil de 50% contre 34 % en 1946.
  • 1967 : la loi Neuwirth légalise la contraception.
  • 1975 : la loi Veil autorise l'avortement.

II. L'entrée dans la dépression

A. Le temps des ruptures

Au milieu des années 60, la fécondité baisse grâce au contrôle des naissances que permettent la contraception et l'avortement :

  • Le taux de fécondité baisse continuellement et passe à 1,8 en 1976.
  • Il remontera à 2 en 2006.

L'espérance de vie s'allonge :

  • 76 ans pour les hommes aujourd'hui (contre 68,4 en 1973).
  • 83 ans pour les femmes (contre 75,9 en 1973).
  • Les plus de 60 ans représentent 20 % de la population en 2002, contre 16 % en 1946.
  • Des problèmes se posent sur les dépenses de santé et le coût des retraites.

Les années 60 marquent une "crise des valeurs" :

  • La pratique religieuse s'effondre, l’Église est en crise.
  • Les naissances hors-mariage augmentent, ainsi que le nombre des divorces.
  • Mai 68 cristallise cette crise et accélère l'évolution de la société en remettant en cause la vieille société.

La crise économique freine ce enthousiasme social

  • En 1973, le premier choc pétrolier fragilise la croissance et le chômage remonte.
  • En 1974, il y avait 450 000 chômeurs.
  • En 2006, on en recense plus de 2 millions soit plus de 8 % de la population active.

Dates & chiffres à retenir :

  • Les plus de 60 ans représentent 20 % de la population en 2002, contre 16 % en 1946.
  • En 2006, on recense plus de 2 millions de chômeurs soit plus de 8 % de la population active.

B. Les contraintes du marché

La France est comme coupée en deux : une partie de la population s'adapte à l'économie de marché mondialisée :

  • Le secteur tertiaire produit 75 % de la richesse.
  • Le marché français s'ouvre au monde, 46 groupes parmi les 200 premiers européens sont français.

Une autre partie de la population reste marginalisée :

  • L'agriculture souffre d'un manque de paysans, le nombre d'ouvriers recule également.
  • Les femmes non qualifiées, les ouvriers et les jeunes non diplômés sont plus touchés par le chômage.
  • Plus de 3 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.
  • Les populations des banlieues ont des difficultés à s'intégrer à la croissance, les grands ensembles deviennent des zones d'exclusion.

Ces évolutions expliquent la montée du vote pour le Front National, notamment en 2002.

Dates & chiffres à retenir :

  • Le secteur tertiaire produit 75 % de la richesse.
  • Plus de 3 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.

III. Une "exception culturelle" française ?

A. L’État culturel

Depuis le temps de la monarchie, l’État s'est toujours fortement impliqué dans le vie culturelle française. Richelieu et Louis XIV ont fait de la culture un outil de grandeur.

  • Aujourd'hui, l'aide publique à la culture en France est 10 fois plus élevée qu'aux États-Unis.
  • Entre 1945 et 1958, 200 maisons de jeunes et de la culture (MJC) sont créées.
  • En 1958 est créé le ministère des Affaires culturelles, confié à André Malraux.
  • Jacques Lang, ministre de 1981 à 1986 et de 1988 à 1993, aide le cinéma, donne un quota de chansons françaises à la radio, lance les prix littéraires et défend l' "exception culturelle" française.

Dates & chiffres à retenir :

1958 : Création du ministère des Affaires culturelles confié à André Malraux.

B. La culture de masse des "Trente Glorieuses"

Après la guerre, l'école joue un rôle d’ascenseur social et le nombre d'élèves passe de 1,5 millions à plus de 5 millions entre 1956 et 1972.

La télévision révolutionne le paysage culturel :

  • En 1965, 57% des Français sont équipés de téléviseurs et le regardent en moyenne 22 h par semaine.
  • Les pratiques culturelles s'homogénéisent, on observe l'apparition d'une montée de la télévision populaire de masse (avec des émissions à succès comme Cinq colonnes à la une, Au théâtre ce soir ou Intervilles).

Cette culture de masse s'accentue grâce à l'accès des jeunes à la consommation :

  • Le succès de l'émission de radio "Salut les copains !" marque la montée d'une "culture jeune", bercée par la musique "yé-yé".
  • La minijupe triomphe en 1964.

Dates & chiffres à retenir :

En 1965, 57% des Français sont équipés de téléviseurs et le regardent en moyenne 22 h par semaine.

C. Après 1973, une crise d'identité ?

Les premiers symptômes de la crise et la prédominance de la culture américaine (surtout dans le cinéma) provoquent une remise en question de la population française.

  • Malgré la hausse des étudiants, qui sont aujourd'hui 2,2 millions (contre 850 000 en 1970-71), les inégalités restent fortes, entre les enfants de cadres et d'ouvriers par exemple.
  • La télévision et Internet jouent un rôle prédominant dans le paysage culturel, mais sur le marché mondial de l'audiovisuel, la France ne pèse de 4 %, contre 45 % pour les États-Unis.
  • Beaucoup parlent d'une "défaite de la pensée" dans un monde où l'image importe plus que l'intelligence, où les exemples de réussite par la télé est prise en exemple par rapport à la réussite par les compétences, et où faire une émission de télé-réalité suffit à se faire connaître.
  • D'autres se réjouissent à l'inverse du brassage culturel.

Dates & chiffres à retenir :

  • Il y a 2,2 millions d'étudiants contre 850 000 en 1970-71.
  • La France pèse 4 % dans le marché mondial de l'audiovisuel contre 45 % pour les États-Unis.

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Publié en : 2012

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A. Les "Trente Glorieuses" La forte croissance et la hausse du niveau de vie durant cette période transforment profondément les comportements. La télévision et l'automobile font leur entrée dans les foyers, symbolisant l'ère de la société de conso

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