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La France dans le monde de 1945 à nos jours

Même humiliée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France garde l'illusion d'être une grande puissance, en témoignent ses réticences à abandonner son empire colonial. La "politique de grandeur" instaurée par de Gaulle pour redonner confiance aux Français ne suffit cependant pas à amoindrir l'idée du déclin de leur pays.

I. L'empreinte gaullienne

A. Le boulet colonial

Le général de Gaulle a tout fait pour que la France conserve un rang mondial, en dépit de l'humiliation de la Seconde Guerre mondiale :

  • Il a conservé le siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.
  • Il a demandé à ce que la France ait une zone d'occupation de l'Allemagne vaincue.

L'empire colonial français apparaît comme le dernier vestige de la grandeur passée, qu'il faut à tout prix préserver. Dès 1947, les gouvernements opèrent une politique de force pour mater les émeutes indépendantistes (1945 à Sétif, en Algérie ; 1954 à Diên Biên Phu, en Indochine, où la France sera défaite).

La guerre d'Algérie est la plus violente :

  • Le Front de Libération National (FLN) algérien lance des actions terroristes pour revendiquer l'indépendance.
  • Malgré tout, de Gaulle conserve l'idée d'une Algérie française et annonce un plan d'investissement public en Algérie -le plan Constantine- en 1958.
  • Finalement, le général, lassé d'une situation inextricable, déclarera le droit aux Algériens de "décider de leur destin".
  • Mais les "pieds-noirs" (Français d'Algérie) sont choqués par cet abandon et refuse l'indépendance. L'OAS (Organisation Armée secrète) multiplie les meurtres et les attentats.
  • Les accords d'Évian de 1962 proclament l'indépendance de l'Algérie.

La situation n'est pas réglée pour autant :

  • Craignant des représailles, les "pieds-noirs" sont rapatriés en France où ils sont accueillis dans la plus grande indifférence, voire l'hostilité.
  • Les harkis, soldats algériens qui se sont battus pour préserver l'Algérie française, sont exterminés par leurs compatriotes sans que la France réagisse.
  • Le 50ème anniversaire de cette "Guerre Sans Nom", célébré en 2005, a montré que les passions sont encore vivaces et les traumatismes toujours présents.

Dates & chiffres à retenir :

1962 : Les accords d'Évian proclament l'indépendance de l'Algérie.

B. La politique de grandeur

Les Français comprennent que la grandeur ne passe plus par les colonies, mais par la construction de l'Europe :

  • La France propose le projet de Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) qui est adopté en 1951.
  • Le projet de Communauté européenne de défense (CED) visant à instaurer une armée commune est, lui, rejeté en 1954.

De Gaulle milite pour une Europe économique où chaque pays conserverait sa souveraineté. Il rêve aussi d'une Europe dominée par la France :

  • Il privilégie l'entente avec l'Allemagne, persuadé qu'elle ne peut rivaliser avec la France.
  • Il maintient le vote à l'unanimité dans la CEE (Communauté économique européenne) et s'oppose au système de majorité.
  • Il refuse l'entrée du Royaume-Uni dans le marché commun, craignant que ce pays ne soit influencé par les États-Unis.

La politique de grandeur passe également par la puissance nucléaire : en 1960, la France se dote d'un arsenal nucléaire.

Les États-Unis sont la bête noire du général, qui fait tout son possible pour marquer sa désapprobation envers la grande puissance :

  • En 1964, il refuse d'assister aux célébrations du débarquement en Normandie.
  • En 1965, il dénonce l'impérialisme du dollars et convertit en or les dollars détenus par la Banque de France.
  • En 1966, il quitte l'alliance militaire qu'est l'OTAN, et condamne la guerre du Vietnam la même année.
  • En 1967, il manifeste son soutien aux indépendantistes du Québec ("Vive le Québec libre !").

Cette politique de grandeur coûte cher et a peu d'effets concrets, mais elle redonne confiance aux Français.

Dates & chiffres à retenir :

  • 1951 : CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier).
  • 1954 : Échec de la CED (Communauté européenne de défense).
  • 1966 : La France quitte l'OTAN.

II. Les défis d'une puissance moyenne

A. La politique étrangère de la France depuis 1969

Malgré les nombreuses controverses, les 5 présidents qui ont succédé à de Gaulle n'ont jamais réellement modifié ses choix en matière de politique étrangère.

La puissance militaire reste un atout majeur pour être une grande puissance :

  • Une force de frappe nucléaire et une industrie nationale de l'armement dynamique sont nécessaire.
  • La France vend des armes aux pays étrangers comme la Libye.
  • Depuis la chute du bloc communiste et l'avènement de l'ère du terrorisme, la France doit s'adapter. Depuis 2008, la France a décidé de renforcer le renseignement au détriment du matériel.

L'attitude du général de Gaulle envers les États-Unis s'est perpétuée chez ses successeurs :

  • De la méfiance de Pompidou, Mitterrand et Chirac à "l'atlantisme" de Giscard et de Sarkozy, les présidents s'efforcent d'être "alliés, pas alignés".
  • Le refus d'intervenir en Irak en 2003, accepté par les autres pays, a placé la France dans la position de pays rassembleur face à l'hégémonie américaine.

Le défi majeur de la France est de rester puissante alors qu'elle n'en a pas les moyens :

  • Comment continuer la construction européenne qui entraîne des pertes de souveraineté (comme la monnaie) ?
  • Que faire en Afrique ? Abandonner la partie ou rester active en souvenir des colonies ?
  • Comment établir une politique arabe face à l'envahissante politique américaine ?

B. Les atouts d'une puissance moyenne

C'est Giscard d'Estaing qui a le premier qualifié la France de "puissance moyenne", ce qui est le cas, mais qui a soulevé de nombreuses critiques de la part d'un pays obsédé par sa puissance passée et par l'idée de déclin. Pourtant :

  • Son taux de chômage est à l'inverse l'un des plus élevé.
  • Ses petites entreprises peinent à s'exporter à l'international

La france à encore des avantages :

  • La France reste la 6ème puissance économique mondiale.
  • Son taux de fécondité est très élevé.
  • Elle est la 3ème puissance exportatrice de services.
  • En 2007, elle est le 3ème pays d'accueil des investissements étrangers.
  • Nombre de ses entreprises se classent au rang mondial (Carrefour, Renault, L'Oréal, Michelin...) grâce à son excellence technique (TGV, Airbus, Ariane...).

Le patrimoine culturel de la France reste rayonnant, en dépit des craintes sur le sujet :

  • L'industrie du cinéma français se porte mieux que partout ailleurs en Europe.
  • La France est le pays le plus touristique du monde.
  • Pour préserver la langue française, l'Agence intergouvernementale de la francophonie a été créée en 1970 et les 45 pays qui la composent se réunissent toujours en sommets réguliers.
  • L'avènement d'internet permet de mieux diffuser cette culture française.

Dates & chiffres à retenir :

  • La France reste la 6ème puissance économique mondiale.
  • Elle est la 3ème puissance exportatrice de services.
  • 1970 : Conférence de Niamey qui instaure l'Agence intergouvernementale de la francophonie.
  • En 2007, elle est le 3ème pays d'accueil des investissements étrangers.

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Publié en : 2012

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A. L'empreinte gaullienne Le général de Gaulle a lutté pour que la France conserve sa puissance après l'humiliante défaite de 1940. Il obtient un siège au Conseil de sécurité de l'ONU. L'empire colonial est le seul vestige de la puissance françai

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