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Unité et diversité des Suds

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Jusqu'à la fin de la Guerre Froide, on désignait le Sud par l'expression "Tiers-Monde" pour regrouper sous un même nom les pays en retard de développement avec une forte croissance démographique et dépendants des pays du Nord. Aujourd'hui, le Sud n'est plus aussi homogène et présente de forts contrastes de développement.

I. Comment définir le Sud ?

A. Le "Sud" remplace le "Tiers-Monde"

Alfred Sauvy invente l'expression "Tiers-Monde" en 1952, pour désigner le troisième ensemble de pays, en plus du bloc communiste et du bloc capitaliste.

En 1955, la Conférence de Bandung réunit ces pays qui cherchent à se créer une identité propre, et la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement) a été fondée en 1964 pour permettre un meilleur développement.

À la chute du bloc communiste, le visage du monde change : au lieu de trois ensembles, il ne reste plus que le Nord développé et le Sud en développement. Le terme "Sud" remplace celui de "Tiers-Monde".

Dates & chiffres à retenir :

  • 1955 : Conférence de Bandung
  • 1964 : Création de la Cnuced (Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement).

B. Un ensemble hétérogène

Dans les années 60, les pays partageaient des caractéristiques communes :

  • une forte croissance démographique
  • un système majoritairement rural traditionnel
  • des retards en matière d'infrastructure, de santé, d'éducation
  • une exportation de matières premières et de produits non transformés.

Impossible aujourd'hui de trouver une cohérence à l'ensemble du Sud. Dans les années 1970, le Sud éclate :

  • Les dragons d'Asie se développent très rapidement.
  • Les États producteurs de pétrole profitent de la flambée des prix pour financer leur économie.
  • L'Amérique latine s'ouvre aux échanges internationaux.
  • Dès 1980, l'Asie suit la voie des dragons.
  • L'Afrique accumule les retards.

C. Des écarts qui se creusent

Les puissances émergentes comme la Chine, l'Inde, le Brésil et le Mexique s'affirment comme des acteurs majeurs de la mondialisation, tandis que les pays les plus pauvres stagnent.

Les pays du Sud sont présents dans les organisations internationales comme l'OMC (Organisation mondiale du commerce), mais ils ne parviennent pas à relier leurs intérêts pour parler d'une même voix et peser face au Nord.

II. Le défi démographique

A. Le boom démographique

Le Sud compte 5,5 milliards d'habitants, soit 82 % de la population mondiale, et devrait réunir 8 milliards d'habitants en 2050. La formidable expansion démographique commencée dans les années 1950 n'est pas encore achevée, surtout en Afrique. La Chine établit depuis 1970 une politique de contrôle des naissances.

Dates & chiffres à retenir :

Le Sud compte 5,5 milliards d'habitants soit 82 % de la population mondiale.

B. Un frein au développement

Il est admis qu'une croissance démographique trop forte est un frein au développement :

  • La pression démographique empêche de satisfaire les besoins des populations en matière de santé, d'emploi, d'éducation et de transport.
  • Elle porte atteinte aux ressources, avec une érosion des sols, une déforestation, un fort prélèvement d'eau et une pollution.

C. Le défi urbain

Les campagnes du Sud se vident au profit des villes. Près de 2,5 milliards de citadins vivent dans les villes du Sud et 50 millions de personnes s'y ajoutent par an.

Cet accroissement de la population urbaine pose des problèmes :

  • Un milliard de citadins vivent dans des bidonvilles.
  • La pauvreté se développe en ville comme à la campagne.
  • Même les pays dynamiques comme la Chine ou le Brésil ne sont pas en mesure de résorber cette pauvreté.

Dates & chiffres à retenir :

  • Près de 2,5 milliards de citadins vivent dans les villes du Sud.
  • 50 millions de personnes s'y ajoutent par an.

III. Les écarts de développement

A. À chacun sa stratégie

Les Suds se sont développés en suivant trois schémas différents :

  • La substitution aux importations : cette voie privilégie la production pour un marché national et permet le développement d'un important salariat, mais isole du reste du monde. L'Égypte, la Tunisie, la Côte d'Ivoire ont choisi cette voie.
  • La voie de l'industrie : cette voie privilégie l'industrie lourde, comme en Chine, en Inde et en Algérie dans les années 50-60.
  • L'industrialisation pour l'exportation : elle privilégie la production de biens manufacturés par une main d’œuvre nationale, à destination du marché mondial. Les pays qui ont choisi cette voie, comme le Japon et les dragons, sont les mieux intégrés dans la mondialisation.

Beaucoup de pays se sont endettés auprès des États du Nord pour financer leur développement. La croissance a été forte dans les années 50-60, mais la crise du dollars des années 1980 oblige les États à une politique d'ajustement structurel pour réduire les dépenses budgétaires.

B. Des Suds à plusieurs vitesses

Les pays du Sud se situent sur différents niveaux de développement :

  • La Chine, longtemps considérée comme un pays pauvre, est aujourd'hui la puissance dominante du Sud.
  • L'Amérique latine a vu son développement ralenti par la crise de la dette.
  • L'Afrique subsaharienne, en proie aux conflits et à la corruption, reste toujours en retard.

Mais depuis 2005, la flambée des prix des matières premières profite aux pays exportateurs, permettant aux États les plus pauvres de rattraper leur retard.

IV. Une inégale intégration dans la mondialisation

A. À l'échelle continentale

  • L'Amérique latine se rapproche le plus du Nord, avec une transition démographique bien gérée, le renforcement de la démocratie et la gestion de l'environnement.
  • L'Asie est en situation intermédiaire, car sa forte croissance économique ne lui permet pas encore de régler le défi démographique.
  • L'Afrique subsaharienne doit faire face à la misère qui touche les trois quarts de sa population. La croissance démographique est forte, mais l'explosion urbaine a à peine commencé.

B. À l'échelle des États

  • La Chine, l'Inde, le Brésil et le Mexique sont les quatre puissances émergentes du Sud, l'Inde et la Chine entrant même en compétition avec les puissances du Nord.
  • Les autres puissances possèdent de nombreux atouts, comme une forte population, par exemple en Indonésie, et beaucoup de ressources naturelles, comme en Argentine ou en Arabie Saoudite.
  • Les autres pays sont intégrés dans la mondialisation, mais subissent le processus plutôt que de l'influencer. C'est le cas des 49 pays les moins avancés du monde (les PMA).

Dates & chiffres à retenir :

Il y a 49 pays moins avancés (PMA) dont la majorité se situe en Afrique subsaharienne.

C. À l'échelle régionale

Souvent, les capitales économiques concentrent les facteurs de développement au détriment de leur périphéries. L'écart de revenus par habitants entre la région la plus riche et la plus pauvre est de 1 à 10 en Chine, contre 1 à 2 en France.

Les populations des villes sont intégrées à la mondialisation, quand celles des campagnes restent à l'écart du processus.

Dates & chiffres à retenir :

L'écart des revenus par habitants entre la capitale et la province est de 1 à 10 en Chine.

V. Le cas du Brésil

A. Un géant du Sud

Le Brésil s'impose en Amérique du Sud et dans le monde :

  • Il est la deuxième puissance économique du Sud derrière la Chine.
  • Il compte 190 millions d'habitants.
  • Il a une frontière commune avec 10 États.
  • Il représente 50 % de la population et 50 % du PIB de l'Amérique du Sud.
  • Il possède de nombreuses ressources énergétiques et minérales.

Il fait partie du Mercosur (Mercado comùn del Sur), une zone de libre-échange créée en 1991 entre le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay qui organise la coopération et la solidarité des économies. Son poids dans cette organisation est incontestable.

Dates & chiffres à retenir :

  • Le Brésil compte 190 millions d'habitants.
  • Il représente 50 % du PIB de l'Amérique du Sud.
  • 1991 : Création du Mercosur entre l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay et le Brésil.

B. Une forte insertion dans la mondialisation

  • La transition démographique est achevée,
  • son économie est semblable à celle des pays développés
  • une agriculture puissante et moderne
  • une industrie dynamique
  • un secteur tertiaire en pleine ampleur (il représente 70 % des emplois).

Au 15ème rang du commerce mondial, le Brésil est un exemple de société multiraciale sans conflits et sa culture (la danse, la musique, le football...) rayonne dans le monde.

C. Des inégalités qui demeurent

À l'échelle nationale :

  • Les campagnes concentrent toujours la pauvreté, avec une population analphabète et sans eau potable ou électricité.
  • 10 % des Brésiliens les plus riches se partagent 45 % du revenu national. Les 10 % les plus pauvres n'ont que 1 % du revenu.
  • L'exode rural vide les campagnes.

À l'échelle régionale :

  • Le "Vieux Brésil" est marqué par son passé esclavagiste et la minorité noire est défavorisée. Ses régions sont marquées par la pauvreté.
  • Le "Nouveau Brésil" au Sud produit les trois-quarts du PIB national et réunit moins de 60 % de la population du pays. Cette zone domine le pays.
  • Le "Brésil pionnier", au centre-ouest, réunit moins de 15 % des Brésiliens sur 64 % du territoire. C'est une zone d'agriculture mécanisée.

À l'échelle locale :

  • Les villes concentrent les activités tertiaires et industrielles, et sont peuplées par une classe moyenne. Mais l'exode rural fait se masser aux portes des villes des bidonvilles et des favelas.
  • 5 millions de personnes vivent dans des bidonvilles.
  • Même si les conditions de vie dans ces quartiers s'améliorent, ce sont toujours des lieux de violence extrême.

Dates & chiffres à retenir :

  • 10 % des Brésiliens les plus riches se partagent 45 % du revenu national.
  • Le "Nouveau Brésil" réunit 60 % de la population.
  • 5 millions de personnes vivent dans des bidonvilles.

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Publié en : 2012

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I. Un ensemble hétérogène Les pays pauvres du Tiers-Monde ont longtemps partagé des difficultés communes, mais le développement inégal des pays empêche aujourd'hui de considérer le Sud comme un ensemble homogène. Les puissances majeures comme la

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