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Une interface Nord-Sud : l'espace méditerranéen

La mer Méditerranée est depuis le Moyen-Âge un carrefour de développement entre l'Europe chrétienne et le monde musulman. Aujourd'hui, fragile trait d'union entre le Nord développé et le Sud en difficulté, elle est un enjeu majeur de développement.

I. Une identité méditerranéenne complexe

A. Une mer attractive

  • La Méditerranée large de plus de 1000 km et s'étire sur plus de 3500 km d'ouest en est.
  • Presque fermée, on peut y accéder par des détroits (Gibraltar, Dardanelle et Bosphore) ainsi que par le canal de Suez(achevé en 1869).
  • Elle correspond à un climat particulier, entre zone tempérée humide et zone tropicale sèche. La température et l'aridité sont plus élevées au Sud, ce qui pose des problèmes d'approvisionnement en eau.

La région est également exposée :

  • La zone favorise les crues et une forte érosion
  • les incendies sont fréquents et favorisés par la sécheresse.
  • c'est une zone de contact entre les plaques tectoniques et donc un espace de volcanisme actif.

Dates & chiffres à retenir :

Le canal de Suez, qui relie la mer Rouge à la Méditerranée, a été construit en 1869.

B. Une diversité de civilisations

L'Empire romain a longtemps dominé l'espace méditerranéen et son empreinte est encore sensible aujourd'hui dans l'architecture et la culture gréco-latine. Pourtant, les civilisations méditerranéennes sont différentes et variées :

  • Le judaïsme, le christianisme et l'islam y sont nés.
  • Le monde catholique, à l'alphabet latin, le monde musulman, à la langue arabe, et les mondes grecs et slaves des Balkans, à l'alphabet cyrillique, s'y rencontrent.

II. La fracture Nord-Sud

A. Des différences de richesses

Le contraste de richesse est brutal dans la région méditerranéenne :

  • La France, l'Italie et l'Espagne représentent plus de 80 % du PIB de l'ensemble du bassin.
  • Plus de 40 % de la population égyptienne vit avec moins de 2 dollars par jour, malgré les efforts de développement.

La spécialisation agricole marque encore le territoire, avec la culture de la vigne en France, Espagne et Italie, celle de l'olivier en Espagne et Italie et les fruits et légumes, particulièrement au Maroc.

Après son retard dans les années 60, l'espace méditerranéen a connu un rattrapage économique qui a permis de développer :

  • L'industrie lourde et la construction automobile en Italie et en Espagne.
  • La mise en valeur des gisements d'hydrocarbure en Algérie et en Libye.
  • Le tourisme est devenu un enjeu majeur pour la Tunisie, la Grèce, la Turquie et l’Égypte.

Malgré tout, le monde méditerranéen s'intègre peu dans la mondialisation.

  • Les pays du Nord ont créé des technopôles, concentration d'activités de haute technologie
  • seules Madrid et Milan sont des villes globales.
  • Au Sud, la plupart des exploitations agricoles ne sont ni compétitives ni productives.

Dates & chiffres à retenir :

  • La France, l'Italie et l'Espagne représentent plus de 80 % du PIB de l'ensemble du bassin.
  • Plus de 40 % de la population égyptienne vit avec moins de 2 dollars par jour, malgré les efforts de développement.

III. Des villes contrastées

A. Des civilisations urbaines

  • Les civilisations méditerranéennes sont urbaines et toutes les puissances se sont appuyées sur le réseau de puissantes villes intérieures et des villes-ports marchandes.
  • Athènes, Rome, Venise ou Istanbul restent aujourd'hui des lieux au rayonnement important.
  • Pourtant, peu de villes pèsent réellement dans la mondialisation.

B. Les villes développées du Nord

Le taux d'urbanisation du Nord est de plus de 70%, et concentre certains problèmes :

  • le desserrement urbain (l'extension des agglomérations)
  • la ségrégation spatiale entre les personnes aisées et les populations moins favorisées.

Des programmes européens envisagent de remédier à cette situation.

C. Les villes du Sud en mutation

  • La croissance urbaine du Sud est rapide, entre 3 à 7 % par an, grâce à l'exode rural et à une transition démographique accélérée.
  • Dans un contexte de pauvreté et de pénurie de logement, les populations s'entassent dans des quartiers insalubres et des bidonvilles.

A Istanbul, la moitié des 11 millions d'habitants vit dans des bidonvilles. Ces populations pauvres sont rejetées vers les périphéries et vers des zones à risque où sont construits des habitats informels, c'est-à-dire sans respecter les règles de constructions. Les centres sont laissés aux classes aisées.

Dates & chiffres à retenir :

  • Le taux d'urbanisation du Nord est de plus de 70 %.
  • La croissance urbaine du Sud entre 3 à 7 % par an.
  • À Istanbul, la moitié des 11 millions d'habitants vit dans des bidonvilles.

IV. Des échanges déséquilibrés

A. Une tradition d'échanges

Du fait de sa position d'interface entre l'Europe, l'Afrique et l'Asie, la Méditerranée a toujours été un lieu d'échanges :

  • Le capitalisme marchand est né sur ses rivages, avec des villes comme Gènes ou Séville.
  • La colonisation du Sud, si elle a donné lieu à de profondes fractures, a aussi intensifié les échanges de marchandises et de populations.

La croissance des Trente Glorieuses et le manque de main d’œuvre au Nord a entraîné une vague d'immigration venue du sud et de l'est de la Méditerranée vers les pays d'Europe.

B. Des nouveaux flux migratoires

La dynamique des flux est aujourd'hui plus complexe :

  • Les anciens pays d'accueil se sont fermés à l'immigration de masse et accueillent une main d’œuvre qualifiée.
  • L'Italie, l'Espagne et la Grèce sont les nouveaux pays d'accueil, ainsi que les pays pétroliers du golfe Persique.
  • La Méditerranée est un espace de transit pour tous les migrants souhaitant atteindre l'Europe depuis l'Afrique et même l'Asie.

C. Des échanges économiques

Les échanges sont inégaux entre le Nord et le Sud :

  • Du Nord viennent les touristes (88% des touristes en Méditerranée sont européens) et les investissements (IDE ou aide au développement).
  • Du Sud s'exportent les matières premières (principalement du pétrole et du gaz) et des produits agricoles.

La Méditerranée est également une zone de passage pour les échanges mondiaux, mais les ports méditerranéens captent peu ce trafic. Pourtant, il existe des ports en développement, comme le Gioa Tauro en Italie, qui dessert toute l'Europe.

V. Un espace conflictuel

A. Une zone de tension

L'histoire et la fragmentation politique et religieuse du bassin méditerranéen donne lieu à des tensions internes, comme au Proche Orient et aux Balkans. La montée de l'intégrisme islamique engendre également des guerres civiles (territoire palestinien) et des attentats (Madrid en 2004, Alger en 2007).

Les mouvements autonomistes sont aussi sources de conflits :

  • La volonté d'indépendance a conduit à l'éclatement de la Yougoslavie en 1991.
  • Les peuples minoritaires revendiquent le droit de conserver leur langue et leur culture (comme en Corse, en Catalogne ou au Kurdistan turc).

B. Les tensions de l'est du bassin

C'est en Méditerranée orientale que les conflits sont les plus importants :

  • Chypre est coupée en deux depuis 1974 pour séparer les Turcs au Nord des Grecs au Sud, et seule la république de Chypre grecque est reconnue.
  • Le conflit israélo-palestinien dure depuis 1948, car les deux peuples revendiquent le même territoire.

C. La coopération de l'Union européenne

L'Union européenne est un modèle de stabilité dans la région, avec des démocraties solides et des programmes d'aides pour résoudre les conflits :

  • Elle contribue à la stabilisation de l'ex-Yougoslavie.
  • Elle exerce un contrôle militaire sous l'égide de l'ONU en Bosnie et au Kosovo.
  • Elle améliore les relations entre Grèce et Turquie, malgré l'échec de la réunification de Chypre en 2003.

Le sommet de Barcelone, en 1995, lance le processus de coopération renforcée entre les pays du nord et du sud de la Méditerranée, afin de mieux intégrer la région dans la mondialisation, sans grand succès pour l'instant.

Dates & chiffres à retenir :

  • L'île de Chypre est coupée en deux depuis 1974, le conflit israélo-palestinien dure depuis 1948, la Yougoslavie a éclaté en 1991.
  • Le processus de Barcelone est lancé en 1995.

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Publié en : 2012

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I. Entre unité et diversité En Méditerranée, les paysages sont les mêmes partout et la marque de l'Empire romain encore bien présente dans les cultures. Pourtant, les civilisations sont nombreuses et variées, et le morcellement politique et religie

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