Terminale L > Philosophie > Le sujet : L'inconscient

L'inconscient

I. La face cachée de la conscience

A. Conscience vs corps

Avoir pleinement conscience de ce que l'on est la clé de la sagesse. Du moins, c'est ce que la tradition philosophique a longtemps cru - "Connais-toi toi-même" de Socrate.

La perception dualiste de l'être a longtemps opposé la conscience, encore appelée psychisme (du grec psychè, l'âme), et le corps comme deux entités distinctes n'ayant aucune influence l'une sur l'autre. Descartes a notamment appuyé cette thèse.

B. Les failles de la conscience

Pourtant, les philosophes remarquent vite que la conscience n'est pas toute puissante, et qu'elle ignore des choses. Leibniz explique par exemple que lorsque l'on écoute la mer, on ne perçoit pas consciemment le bruit de chaque vague. La conscience peut donc se tromper dans son jugement sur soi-même ou sur le monde.

Spinoza remet même en question cette toute-puissance de la conscience : il pense qu'elle peut tout à fait être influencée à son insu par des phénomènes physiques. Selon lui, les hommes se croient libres dans leur choix parce qu'ils ont conscience de leur volonté, mais ils ignorent ce qui les pousse à vouloir ce qu'ils veulent. En un sens, Spinoza pose les fondements de la psychanalyse de Freud.

II. Freud et l'inconscient

A. La découverte de l'inconscient

La conscience ne peut pas tout savoir, c'est un fait : personne n'a conscience du sang qui circule dans son corps ou du fonctionnement de tous ses muscles, cela ferait beaucoup trop d'informations pour la conscience. On parle alors de zone de non-conscience.

L'inconscient, tel que le définit Freud, est un concept différent : il ne parle pas de ce que la conscience ignore, mais de ce qu'elle se cache volontairement à elle-même.

Constatant des symptômes spectaculaires chez ses patients (paralysie, hystérie...) n'ayant pas de cause corporelle, il travaille sur l'hypnose et réussit à faire revivre des événements traumatisants aux malades, faisant alors disparaître les symptômes.
Freud en conclut que des pulsions refoulées par la conscience s'expriment par le corps et que prendre conscience de ces pulsions par la parole peut amener à une guérison. C'est le principe de la psychanalyse.

Les rêves, les lapsus, les actes manqués que nous faisons tous sont les témoins de notre inconscient qui tente de remonter à la surface.

B. Le schéma de la vie psychique

A partir de ses observations, Freud décrit les mécanismes de la vie psychique :

  • Le ça est le lieu des désirs inconscients refoulés et des pulsions sexuelles.
  • Le surmoi, lui aussi inconscient, est une barrière qui empêche ces pulsions de remonter à la surface de la conscience. Il se constitue dans la petite enfance, quand les interdits sociaux et parentaux s'intériorisent, et censure les désirs refoulés.
  • Le moi, seule partie consciente, s'efforce de concilier les intérêts du ça et du surmoi en tenant compte du monde extérieur et jongle sans arrêt entre le principe de plaisir et le principe de réalité.

III. Critiques philosophiques de l'inconscient

A. Pas d'unité de la conscience ?

Les travaux de Freud posent le problème de l'unité de la conscience. Reconnaître l'existence de l'inconscient, c'est admettre que la conscience ne contrôle rien du tout et qu'elle est soumise à ses zones d'ombre. C'est donc nier le libre arbitre de l'être humain, ainsi que sa capacité à agir sur son destin.

D'autres philosophes ont tenté de redonner sa place à la conscience :

  • Alain admet que l'homme a une part d'animalité qui le gouverne parfois à son insu, mais qu'elle n'a pas prise sur le moi, "unique sujet" de nos pensées. Selon lui, l'inconscient n'est pas "un autre moi".
  • Pour Sartre, les pulsions refoulées ne se déguisent en autre chose que s'il y a "un projet de déguisement" par la conscience.

B. La valeur de la conscience

La découverte de l'inconscient freudien pose donc la question du libre arbitre de l'être humain, de sa capacité à agir librement par lui-même.

Mais il peut également y avoir une autre interprétation : si nous refoulons certaines de nos pulsions parce qu'elles entrent en contradiction avec des exigences morales et sociales, cela veut donc dire que nous sommes capables de contrôler une partie de notre existence.

A retenir :

  • Baruch Spinoza, Éthique (1677).
  • Sigmund Freud, Cinq leçons sur la psychanalyse (1904).
  • Emile Chartier, dit Alain, Éléments de philosophie (1916) : "L'homme est obscur à lui-même, cela est à savoir. Seulement, il faut éviter ici plusieurs erreurs que fondent le terme d'inconscient. La plus grave de ces erreurs est de croire que l'inconscient est un autre Moi ; […] une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller."

Haut de la page

Dans la même matière

Haut de la page

Soutien personalisé

Identification

M'enregistrer

Infos cours

Cours écrit en France

Publié en : 2012

Niveau :

Niveau facile

Voir la fiche de révision

I. La non-conscience et l'inconscient La conscience ne peut pas tout appréhender, comme la circulation du sang ou ce qui me pousse à vouloir quelque chose. Cette non-conscience marque la limite de la connaissance que nous avons de nous-même. Mais il fa

Partager

Autres classes

Nos partenaires : Comprendrechoisir