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La conscience

La conscience est une faculté essentielle chez l'humain, qu'il convient de soigner. Pourtant, la conscience ne va pas de soi, d'abord parce qu'elle doit s'apprendre, mais aussi parce que sa définition est problématique.

I. La nature de la conscience

A. La relation immédiate à soi et au monde

La conscience de soi, d'autrui, du monde, sont d'abord la capacité à prendre connaissance de soi, d'autrui, du monde. Étymologiquement, la conscience, qui vient du latin conscientia, formé des mots cum (avec) et scienta (science), c'est être présent à son savoir.

Mais la conscience a plusieurs niveaux :

  • La conscience passive, qui enregistre ce qu'elle vit.
  • La conscience au sens plein, consciente d'elle-même et de ce qui l'entoure, et qui permet la réflexion et la prise de décision.

Descartes dit "je pense donc je suis", car la première certitude du sujet pensant, c'est que s'il pense, il est nécessairement, car il faut bien que quelque chose pense. C'est à partir de cette certitude que se construit la connaissance du monde.

Pascal affirme que c'est cette capacité à se penser soi-même qui rend l'homme supérieur : "La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable ; un arbre ne se connaît pas misérable." (Pensées, 1670).

A retenir :

« "Je suis, j'existe" est une proposition nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ou que je la conçois en mon esprit ». René Descartes, Méditations métaphysiques, 1641.

B. Un pouvoir de réflexion et de décision

La conscience nous ouvre à la fois au monde, mais aussi à notre vie intérieure. Mais elle n'existe pas par elle-même, et se construit en fonction de notre expérience vécue. Elle s'inscrit donc dans une temporalité avec d'un côté la mémoire, et de l'autre la capacité à se projeter dans le futur.

C'est cette temporalité qui nous permet d'apprendre de nos expériences et de faire des choix. De fait, elle fonde aussi notre responsabilité morale. Comme il est capable de faire des choix, l'homme doit pouvoir répondre de ses actes. Nos actions ne sont pas purement mécaniques, nous sommes le sujet de nous-mêmes.

A retenir :

« Pour choisir, il faut penser à ce qu'on pourra faire et se remémorer les conséquences, avantageuses ou nuisibles, de ce qu'on a déjà fait : il faut prévoir et il faut se souvenir. […] Si conscience signifie mémoire et anticipation, c'est que conscience est synonyme de choix. » Henri Bergson, L'énergie spirituelle, 1919.

C. Problématique de la conscience

Mais la conscience doit jouer avec une multitude d'informations : les choses se présentent à elle comme réelles, imaginées, perçues, pensées, ressenties, inventées, passées, présentes, à venir, nécessaires, impossibles…

Toutes ces informations sont perçues par la conscience, elles sont des représentations intérieures. C'est ce qu'explique le courant de la phénoménologie, qui dit que la réalité n'existe que dans notre conscience : Toute conscience est conscience de quelque chose, et aucune conscience ne peut exister en tant que telle.

Mais la conscience n'est pas « quelque chose » à proprement parler. Sartre dit que la conscience est un « néant », mais par lequel se manifeste l'être.

A retenir :

« Toute conscience est conscience de quelque chose ». Edmund Husserl, Introduction à la phénoménologie, 1929.

II. La conscience de soi

A. Qui suis-je ?

Définir ce qu'est une personne n'est donc pas simple et si l'on ne peut pas douter d'être, il est difficile de savoir ce que l'on est.

La conscience n'est pas une chose, mais plutôt une force dynamique : Kant l'appelle la fonction transcendantale du sujet, le pouvoir à l'origine de l'acte de penser.

La conscience permet de synthétiser nos représentations et de faire la somme de nos expériences.

B. La mise à l'épreuve de la conscience par la pratique

Outre la confirmation de la conscience par elle-même (« je pense donc je suis »), la conscience doit également se confronter au monde extérieur. C'est en rencontrant le réel que je prends conscience de ce réel et de moi-même par la même occasion.

Comme le langage fait exister la pensée, mon action dans le monde me fait exister dans ce monde.

Autrui est également une condition nécessaire à la construction de ma conscience. En effet, la réflexion résulte de l'intériorisation du point de vue d'autrui. On est conscient lorsque l'on devient capable d'intégrer le point de vue d'une autre personne pour élaborer sa propre pensée.

III. Les limites de la conscience

La conscience a été remise en question dès le 19ème siècle :

  • Marx affirme que ce que nous croyons n'est que le fruit de ce que la classe dominante nous impose à notre insu par la publicité, les médias… Nous nous croyons libre de choisir nos valeurs, alors que ce sont les conditions matérielles de notre existence qui nous poussent à penser de telle ou telle manière. La conscience est aliénée.
  • Nietzsche explique quant à lui que la conscience est le fruit d'une lutte entre nos différents instincts dont nous n'aurions pas conscience. Notre vie est guidée par ces instinct sans que nous nous en rendions compte, et le libre-arbitre n'est qu'une illusion.
  • Freud affirme que « le moi n'est pas maître dans sa propre maison », puisque des pulsions échappant à notre conscience nous poussent à agir comme nous le faisons.

Pourtant, il ne faut pas croire que nous ne contrôlons pas nos vies et que la conscience est impuissante, mais il faut apprendre à être vigilant et à toujours réfléchir sur nous même.

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Cours écrit en France

Publié en : 2012

Niveau :

Niveau facile

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I. La nature de la conscience Étymologiquement, la conscience (cum scienta), c'est être présent à son savoir. Descartes dit « je pense donc je suis », car la première certitude du sujet pensant c'est que s'il pense, il est nécessairement, car il

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