Terminale L > Philosophie > Le sujet : L’existence et le temps

L'existance et le temps

I. Essais de définition

A. Le temps est insaisissable

« Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais. Si quelqu'un pose la question et que je veuille l'expliquer, je ne sais plus. » Augustin, Confessions (vers 400). Cette citation montre le paradoxe du temps : il est à la fois évident et insaisissable.

Sextus Empiricus tente de le définir selon le principe de non-contradiction :

  • Si le temps existe, il est soit fini, soit infini.
  • S'il était fini, il y aurait eu du temps avant le temps.
  • Mais s'il était infini, le passé, le présent et le futur ne feraient qu'un.

On peut donc douter logiquement de l'existence du temps.

Nous ne pouvons penser quelque chose sans le penser dans le temps. Par ailleurs, le temps est perceptible uniquement dans l'instant, qui n'existe que pour disparaître aussitôt.

A retenir :

  • « Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais. Si quelqu'un pose la question et que je veuille l'expliquer, je ne sais plus. » Augustin, Confessions (vers 400).
  • « S'il n'est ni fini, ni infini, le temps n'existe pas du tout. » Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes (2-3ème siècle).

B. Temps et éternité

Platon définit le temps comme « une image mobile de l'éternité », en faisant la différence entre l'être et l'éternité.

  • L'existence est finie.
  • L'être est infini.

L'esprit humain est incapable de saisir l'éternité et le temps qui passe. Ce qui explique notre besoin de nous donner des repères, en compartimentant le temps en années, mois, semaines, jours, heures, minutes, secondes...

C. Temps subjectif

Augustin rappelle que nous ne percevons le temps que par le présent, c'est-à-dire ce qui est là. Le passé et l'avenir ne sont perçus que dans le présent. Il n'y a donc qu'un seul temps, le présent.

Est-ce à dire que le temps n'existe que dans notre conscience ? Le temps est-il purement subjectif ?

A retenir :

« Il serait sans doute plus correct de dire : « Il y a trois temps : le présent du passé, le présent du présent et le présent du futur » […] le présent du passé, c'est la mémoire ; le présent du présent, c'est la vision directe ; le présent du futur, c'est l'attente. » Augustin, Confessions (354-430).

II. Objectivité et subjectivité du temps

A. Le temps « objectif »

Pourtant, nous vivons tous le temps de la même manière : pour tous, le temps est irréversible. On peut donc dire qu'il y a deux formes de temporalité : le temps subjectif et le temps objectif.

Kant explique que le temps est une forme de notre sensibilité : le temps est un ordre de succession de ce que nous percevons. Deux événements distincts sont successifs ou simultanés. Le temps est donc une donnée, une structure du sujet pensant.

Ce temps « objectif » s'impose à tous les esprits, et peut être mesuré.

A retenir :

« Tous les phénomènes en général, c'est-à-dire tous les objets des sens, sont dans le temps et se trouvent soumis de façon nécessaires à des rapports temporels ». Emmanuel Kant, Critique de la raison pure (1781).

B. Le temps vécu

A l'inverse, Henri Bergson évoque, dans son Essai sur les données immédiates de la conscience (1889), le temps vécu, qu'il définit par le terme de « durée ». La durée n'est pas quantifiable ni homogène, mais elle change en fonction de notre appréhension du monde.

Une heure de cours semble durer très longtemps, tandis qu'une soirée en compagnie de bons amis nous paraîtra toujours trop courte.

III. L'existence dans le temps

A. L'homme est un être mortel

Heidegger explique qu'il est difficile d'appréhender son existence : cela nécessite de prendre du recul, de se situer soi-même dans le monde.

Or, cela implique de prendre conscience de sa propre finitude : nous sommes un être « jeté dans le monde », mais aussi « un être pour la mort ».

Cette découverte ne condamne pas l'homme au désespoir. Au contraire, en ayant conscience que sa vie a une fin, l'homme peut décider de la vivre pleinement. À l'inverse, il peut aussi essayer d'oublier qu'il va mourir et tenter de dissimuler son angoisse.

B. L'angoisse de la mort

Cette angoisse de notre propre finitude peut nous pousser à vivre dans le futur, en nous projetant sans cesse dans l'avenir, ou au contraire dans le passé, en regrettant ce qui n'est plus.

La première possibilité décrit bien notre société actuelle, toujours à l'affût de la dernière nouveauté, toujours déçue par le présent et impatiente de voir ce que l'avenir réserve. Blaise Pascal dit dans ses Pensées : « Nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre. »

À l'inverse, vivre dans la nostalgie et le regret nous pousse également à oublier l'échéance de la mort, en refusant d'admettre que ce qui est passé ne reviendra plus. La chirurgie esthétique, par exemple, est un moyen illusoire de conserver la jeunesse.

Platon dit dans son Phédon que « philosopher, c'est apprendre à mourir », c'est-à-dire décider d'assumer sa condition de mortel.

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Publié en : 2012

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I. Le temps objectif et subjectif Le temps est insaisissable par l'esprit humain, de même que l'éternité. L'homme a du créer des repères de temps, en le mesurant en années, en jours, en secondes... Le temps est à la fois objectif : il passe pour t

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