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La religion : Fiche de révision

I. Définition de la religion

La religion est un phénomène très ancien et universel : on en a retrouvé des traces dans toutes les sociétés ayant laissé des traces de leur représentation du monde. Peut-on alors définir l'homme comme un « animal religieux » ?

Étymologiquement, on rattache la religion au mot latin « religare », relier. Un lien donc, entre les hommes et les dieux, ou entre les hommes entre eux.

On retrouve plusieurs traits communs aux religions, comme la croyance en une réalité autre, le sacré, le divin, le surnaturel, qui serait supérieure à la réalité humaine. Ces croyances prétendent à la vérité sans démonstrations rationnelles ni expérimentations, et exigent une foi inconditionnelle.

A retenir :

« Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c'est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée église, tous ceux qui y adhèrent. » Emile Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, 1912.

II. Religion et philosophie, raison et foi

Dès sa naissance, dans l'Antiquité grecque, la philosophie a pour but avoué d'établir une pensée rationnelle, sans faire intervenir la notion de divin. Peu à peu, la raison s'émancipe de la tutelle religieuse : le procès de Galilée, qui affirme que la Terre tourne autour du soleil alors que la Bible affirme le contraire, est un moment clé de ce renversement entre foi et raison.

La philosophie n'a jamais cherché à détruire la religion, mais à établir les bases d'une coexistence pacifique. Les philosophes du 17 et 18ème veulent mettre à bas les superstitions et les abus de pouvoir des religieux, pour établir une religion compatible avec la raison.

  • Spinoza affirme que la religion superstitieuse est « l'asile de l'ignorance », et qu'une lecture historique des textes sacrés peut mettre fin aux abus.
  • Kant tient également à contenir « la religion dans les limites de la simple raison » (1793), en l'épurant de toute superstition et irrationalité.

À l'inverse des philosophes des Lumières, Alain ou encore Hegel interprètent rationnellement l'irrationalité religieuse. Pour Alain, la religion n'est qu'une étape dans le développement de la raison humaine, et n'est qu'une expression métaphorique des vérités que la philosophie étudie. La foi, contrairement au fanatisme, nécessite du courage pour croire sans preuves.

A retenir :

  • « Le spectacle de ce que furent les religions, et de ce que certaines sont encore, est bien humiliant pour l'intelligence humaine. [...] L'homo sapiens, seul être doué de raison, est le seul aussi qui puisse suspendre son existence à des choses déraisonnables. » Henri Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion, 1932.
  • « La religion sans la conscience morale n'est qu'un culte superstitieux. » Emmanuel Kant, Réflexions sur l'éducation, 1776.
  • « Il y a des choses qu'il faut bien accepter sans les comprendre ; en ce sens, nul ne vit sans religion. L'Univers est un fait ; il faut ici que la Raison s'incline ; il faut qu'elle se résigne à dormir avant d'avoir compté les étoiles. » Emile Chartier, dit Alain, Propos, 1908.

III. L'avenir de la religion

Cette rationalisation de la religion par la raison est critiquée comme un affaiblissement de la religion, une soumission à la pensée.

  • Pascal, par exemple, critique Descartes et son dieu froid, abstrait, réduit à un simple concept philosophique, sans chaleur ni sensibilité.
  • Bergson valorise quant à lui le mysticisme et l'exaltation, qui sont pour lui l'essence même de la religion et qui empêchent cette dernière de se figer dans une norme dogmatique.
  • Marx, Nietzsche et Freud arrivent, avec des perspectives différentes, à une même conclusion : la religion est une illusion qui aliène l'homme, une drogue qui annihile sa liberté.

La religion est-elle donc une erreur sur le chemin de la vérité, et faut-il atteindre « la mort de Dieu » prônée par Nietzsche ? Ou au contraire, doit-on retrouver le religieux qui manque à nos sociétés ?

A retenir :

« La religion est le soupir de la créature opprimée, la chaleur d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit de conditions sociales où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple. » Karl Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel, 1843.

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Fiche écrite en France

Publiée en : 2012

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