Terminale L > Philosophie > La culture : L'histoire

L'histoire : fiche de révision

I. La connaissance historique

L'idéal de l'histoire serait de connaître les choses telles qu'elles se sont passées réellement. Cet idéal se développe au 19ème siècle, et donne lieu à un positivisme historique : se méfier de toute interprétation, ne s'attacher qu'aux faits – une date, un lieu, un événement.

Mais cette vision est remise en question dès l'entre-deux guerres par une nouvelle génération d'historiens qui fonde l'école des Annales. Pour elle, l'histoire est plurielle, il y a la grande mais aussi les petites histoires, un temps long (les cycles économiques, par exemple) et de temps courts (les événements politiques).
Il n'y a pas d'histoire globale, mais bien des histoires multiples.

Si l'histoire ne peut pas être étudiée aussi objectivement qu'une science, il faut du moins rester le plus honnête possible dans ses outils et ses problématiques pour se rapprocher le plus de cette objectivité.

A retenir :

  • « Sans doute cette vérité de la connaissance historique est-elle un idéal, dont, plus progressera notre analyse, plus il apparaîtra qu'il n'est pas facile à atteindre : l'histoire du moins doit être le résultat de l'effort le plus rigoureux, le plus systématique pour s'en rapprocher. » Henri-Irénée de Marrou, De la connaissance historique, 1954.
  • « Les événements ne sont pas des choses, des objets consistants, des substances ; ils sont un découpage que nous opérons librement dans la réalité. » Paul Veyne, Comment on écrit l'histoire, 1971.

II. Histoire et mémoire

L'histoire est passée, et l'être humain n'a plus aucune emprise sur elle. Alors pourquoi s'y intéresser ? Parce que l'histoire nous donne des leçons, en nous montrant des exemples de vertu et en nous donnant des leçons de politique. De plus, l'homme est un produit de l'histoire.

  • Hannah Arendt rappelle que les hommes naissent toujours dans un monde plus vieux qu'eux. (La Crise de la culture, 1968). L'homme intègre la dimension du temps dans la représentation qu'il a de lui-même.
  • Hans Jonas explique que l'homme a donc une responsabilité vis-à-vis des hommes du futur, ainsi que ceux du passé. Il faut garder la mémoire du passé pour mieux comprendre ce que nous sommes. L'oubli du passé, c'est donc l'oubli de soi-même. On parle donc de « devoir de mémoire », surtout lors d'épisodes particulièrement sombres de l'histoire, comme le génocide des Juifs.

Il faut aussi souligner que mémoire et histoire diffèrent :

  • L'histoire, c'est-à-dire la construction du passé, vient justement quand nous n'en avons plus le souvenir. Elle est froide, mise à distance.
  • La mémoire, en revanche, est affective et vive. Historiquement, elle est peu fiable, car trop émotionnelle.

A retenir :

« La mémoire est toujours suspecte à l'histoire, dont la mission vraie est de la détruire et de la refouler. » Pierre Nora, Les lieux de mémoire, 1984.

III. Les philosophies de l'histoire

Les philosophes du 19ème (Hegel, Comte, Marx...) parlent d'un sens de l'histoire :

  • un sens, synonyme d' « intelligibilité » ;
  • un sens, c'est-à-dire une direction définie.
  • Au milieu des guerres, des massacres et des horreurs humaines, ces philosophes de l'histoire tentent de trouver une explication cachée, une « raison dans l'histoire » (Hegel, La Raison dans l'histoire, 1830).

Cette idée d'un sens irrémédiable de l'histoire pose la question de la capacité de l'homme à agir dans cette histoire. Si tout est défini à l'avance, quelle marge de manœuvre nous reste-t-il ? Ce déterminisme historique fait des actions de l'homme des instruments de la raison historique, ce qu'Hegel nomme une « ruse de la raison ».

Kant parle plutôt d'une finalité morale de l'histoire. L'histoire serait une éducatrice, poussant l'homme à s'améliorer sans cesse, sans lui ôter sa liberté et donc sa responsabilité à l'égard de cette amélioration.

A retenir :

« Les hommes font notamment entrer en conflit leurs buts particuliers avec le droit général ; ils agissent librement. Mais la base générale, l'élément substantiel, le droit n'en est pas pour autant troublé [...] Cependant, ce qui est actif est toujours individuel. [...] L'universel ne peut se réaliser que par le truchement du particulier. » Friedrich Hegel, La Raison dans l'histoire, 1830.

Haut de la page

Fiches de révisions dans la même matière

Haut de la page

Soutien personalisé

Identification

M'enregistrer

Infos fiche de révision

Fiche écrite en France

Publiée en : 2012

Cours associés :

L'histoire

Le mot « histoire » désigne à la fois l'évolution de l'humanité, mais également la connaissance que nous avons de cette évolution. Le mot grec historia désigne une enquête, car l'histoire n'est pas donnée, c'est une construction humaine, et l

Partager

Autres classes

Nos partenaires : Comprendrechoisir